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    Kankan : au cœur du fleuve Milo, des femmes face à la dégradation d’un cours d’eau vital

    LamaranaBy Lamarana12 novembre 2025Aucun commentaire2 Mins Read
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    Le fleuve Milo, véritable poumon hydraulique de la ville de Kankan, continue de jouer un rôle indispensable dans la vie quotidienne de milliers de familles. Au petit matin, bien avant que le soleil ne darde ses rayons sur les berges, des silhouettes féminines se dessinent déjà au bord de l’eau. Bassines sur la tête, filets à la main, ces femmes s’adonnent à une activité aussi ancienne que la région elle-même : la pêche artisanale.

    À côté d’elles, d’autres font le linge, rincent des ustensiles et remplissent des bidons pour les besoins domestiques. Pour beaucoup, le Milo est la seule source d’eau accessible et gratuite. Pourtant, derrière ce ballet quotidien se cache une triste réalité : la dégradation inquiétante du fleuve.

    Pour Mariama Camara, pêcheuse depuis plus de vingt ans, le constat est amer « Avant, on capturait suffisamment de poissons pour vendre au marché. Aujourd’hui, on passe des heures pour ne ramener presque rien. L’eau est trouble, polluée. Les poissons disparaissent» déplore-t-elle.

    Ce fléau s’explique notamment par l’ensablement progressif, les déchets plastiques qui s’accumulent sur les rives, mais aussi par les rejets domestiques directes dans l’eau, faute d’infrastructures d’assainissement.

    La majorité des femmes rencontrées expliquent venir au fleuve faute d’alternative. L’absence d’eau potable dans plusieurs quartiers pousse certaines familles à utiliser directement l’eau du Milo pour laver, curer ou rincer. Un risque sanitaire évident.

    Fatoumata Diaby, ménagère du quartier Bordo, confie « L’eau du robinet ne coule presque jamais. Ici au fleuve, on se débrouille. Mais on voit que l’eau devient de plus en plus sale.»

    Le fleuve Milo s’assèche, s’alourdit de déchets, se dégrade silencieusement. Mais avec lui, c’est toute une économie féminine, une chaîne alimentaire et un patrimoine hydrique qui menacent de s’effondrer. Entre survie quotidienne et risques environnementaux, les femmes de Kankan continuent de lutter, notre société fera-t-elle de même?

    Facely Sanoh depuis Kankan pour actualitefeminine.com 

     

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