Après trois jours d’échanges intenses, de partages d’expériences et de réflexions stratégiques, le 4ᵉ Colloque national des femmes entrepreneures en milieu rural a refermé ses portes ce jeudi 12 février 2026 à Kankan. Placé sous le thème « La femme rurale face au changement climatique », l’événement s’est achevé dans une ambiance de célébration et d’espoir.
Cette édition a mobilisé des groupements féminins venus des quatre coins du pays. Qu’elles évoluent dans l’agriculture, l’élevage, l’agrobusiness ou la poterie, ces femmes ont illustré, par leur présence, leur rôle central dans la transformation de l’économie rurale guinéenne.
Un bilan sous le signe de l’excellence
Visiblement satisfaite de la mobilisation, la coordinatrice du colloque, Hassatou Lamarana Bah, a dressé un bilan encourageant :

« Nous avons enregistré des candidates dans chaque catégorie : huit groupements en agriculture, deux en élevage, trois en agrobusiness et deux en poterie. Un lauréat a été primé par section. Grâce à nos partenaires, chaque gagnante a reçu un appui financier d’un million de francs guinéens, des intrants, ainsi que des attestations de participation pour l’ensemble des candidates. »
Au-delà des récompenses, l’objectif était avant tout de valoriser le courage, l’innovation et la résilience de ces femmes, piliers de la sécurité alimentaire en Guinée.
Des parcours inspirants et des témoignages forts
Parmi les lauréates, l’émotion était palpable. Boh Saran Doumbouya, distinguée pour son travail, a partagé sa fierté :
« Ce prix est le fruit du courage et du labeur. Cette activité est un héritage pour moi, et j’espère que cette distinction permettra de développer davantage nos initiatives. »
Même satisfaction pour Fatoumata, représentante d’une société agroforestière de Sanankoro, qui salue une décentralisation bienvenue des opportunités :
« C’est la première fois qu’on accorde une réelle attention aux femmes rurales. Auparavant, tout se passait à Conakry. Aujourd’hui, on vient vers nous, on écoute nos difficultés et on cherche des solutions. C’est un grand pas. »
Elle a toutefois profité de la tribune pour lancer un cri du cœur sur la souveraineté alimentaire :
« Il est inadmissible d’importer des denrées alors que notre terre est fertile. À Kankan, trop de produits viennent encore du Mali. Nous devons produire davantage par nous-mêmes. »
L’appel des autorités à l’ambition

Présent lors de la cérémonie de clôture, le président de la délégation spéciale, Arafamoussa Koulibaly, a exhorté les participantes à ne pas relâcher leurs efforts :
« Le travail ne doit pas s’arrêter ici. Celles qui produisent 10 doivent viser 20 ; celles qui sont à 30 doivent atteindre 50. C’est par cet accroissement de la productivité que nous bâtirons le développement local. »
Un rendez-vous désormais incontournable
Entre formations techniques, plaidoyers et distinctions, ce colloque s’impose désormais comme une plateforme majeure de promotion du leadership féminin rural. À Kankan, capitale de la savane guinéenne, les femmes ont prouvé qu’elles ne sont plus de simples actrices secondaires, mais les véritables moteurs de la croissance agricole et économique du pays.
Facely Sanoh depuis Kankan pour actualitefeminine.com





