Alors que l’opération de d’enrôlement gratuite des cartes d’identité biométrique se poursuit dans plusieurs préfectures du pays, à Kankan, de nombreuses femmes de la commune urbaine expriment leur ras-le-bol face aux lenteurs administratives et au manque d’organisation qui plombent le processus.
Dans la cour du commissariat central de Kankan, elles sont des dizaines à patienter sous un soleil accablant, parfois dès l’aube, espérant obtenir le précieux sésame. Mais pour beaucoup, l’attente se prolonge jour après jour, sans garantie de satisfaction.
« Cela fait trois jours que je viens ici. On nous demande chaque fois de revenir demain, et pourtant c’est une opération gratuite. Nous souffrons pour rien», témoigne Fanta Diallo, mère de deux enfants, visiblement épuisée.
Une autre femme, Aminata Kourouma, déplore la désorganisation : « Il n’y a pas de liste, pas de système de file clair. Ce sont ceux qui ont des connaissances ou qui paient discrètement qui passent les premiers» dénonce-t-elle.
Sur le terrain, les responsables sécuritaires évoquent un afflux massif et un manque de moyens techniques « Il y a beaucoup de monde et peu de machines. Nous faisons de notre mieux, mais les moyens ne suivent pas » admet un agent de la police sous couvert d’anonymat.
Face à cette situation, plusieurs voix féminines de la société civile montent au créneau pour exiger une meilleure planification de l’opération.
« L’État doit respecter ses engagements. Ce document est un droit fondamental, surtout pour les femmes qui en ont besoin pour accéder aux services sociaux de base, ouvrir un compte ou voyager» alerte Hadja Fatoumata Condé, présidente d’une organisation locale de femmes.
Alors que les plaintes se multiplient, certaines femmes demandent tout simplement que l’opération soit délocalisée vers les quartiers afin de désengorger les centres d’enrôlement, ou que des équipes mobiles soient déployées dans les marchés et autres lieux publics fréquentés par les femmes.
En attendant une réaction rapide des autorités, ces citoyennes de Kankan continuent de faire preuve de patience, dans l’espoir que leur droit à l’identité ne soit plus un parcours du combattant.
Facely Sanoh depuis Kankan pour actualitefeminine.com





