Avec les récentes pluies diluviennes qui se sont abattues sur la ville, les quartiers de Kankan sont confrontés à une insalubrité grandiose. Dans les marchés, les concessions et même aux abords des grandes artères, les flaques d’eaux stagnantes, les ordures en décomposition et les caniveaux bouchés sont devenus le quotidien des habitants.
Face à cette situation, les femmes, premières concernées par les conséquences sanitaires et sociales, tirent la sonnette d’alarme.
« Nos enfants tombent malades, les moustiques envahissent nos maisons. On ne peut plus faire un pas sans patauger dans la boue» témoigne Mariama Kouyaté, commerçante au marché Lofèba.
Elles sont nombreuses, ces femmes, à dénoncer l’inaction des autorités locales. Certaines n’hésitent pas à prendre elles-mêmes des initiatives de nettoyage, malgré le manque d’équipements et de soutien logistique. Balais, eaux, pelles à la main, elles s’organisent dans certains secteurs pour curer les caniveaux et ramasser les déchets.
« Si on ne fait rien, ce sont nos familles qui vont en payer le prix. Nous demandons aux autorités de venir en aide, surtout en cette période de pluies» plaide Fatoumata Camara, mère de cinq enfants à Timbo.
Malgré les alertes, peu d’actions concrètes sont visibles de la part des services municipaux. Ce mutisme renforce la frustration des femmes, qui se sentent laissées pour compte.
À l’heure où les pluies se prolongent et que les prévisions météorologiques annoncent d’autres averses, les appels des femmes de Kankan doivent être entendus. Car au-delà de simples doléances, c’est un cri du cœur pour préserver la véritable santé des familles et la dignité des quartiers.
Facely Sanoh depuis Kankan pour actualitéfeminine.com





