Le rêve de nombreuses maraîchères de Kindia s’est brisé cette année. Leurs cultures sont frappées par des pathologies se manifestant par la pourriture des feuilles et des tiges, entraînant d’énormes pertes financières. Malgré les investissements colossaux consentis, les producteurs assistent, impuissants, à la dégradation de leurs plantations.
Rachel Koumba Teinkiano, l’une des victimes, a vu ses plants de piment et d’aubergine dépérir. Elle témoigne de son désarroi :
« Nous ignorons ce qui arrive à nos cultures. Cette année, les anomalies sont nombreuses. Au début, la croissance semble normale, puis le collet du piment commence à noircir. La maladie remonte ensuite le long de la plante. On peut avoir un plant chargé de fruits qui, soudainement, voit ses feuilles rougir et sa tige attaquée. Pour l’aubergine, c’est le même constat : les feuilles rougissent et s’enroulent. Nous avons engagé énormément de dépenses et nous enregistrons des pertes massives. Pour sauver ce qui peut l’être, il nous faut des produits de traitement adaptés et l’expertise de spécialistes. Nous demandons aux autorités de nous venir en aide afin de limiter les dégâts. »

L’œil de l’expert : entre carences et parasites
Pour comprendre l’origine de cette situation préoccupante, nous avons sollicité l’expertise de Sékou Oumar Diallo, agronome. Selon lui, ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs, notamment l’utilisation de semences non certifiées et inadaptées aux conditions agroécologiques de la région.
« Il peut s’agir de maladies physiologiques liées à des carences. Si le sol ne dispose pas d’un potentiel nutritif suffisant en azote, phosphore, potassium ou en oligo-éléments, la plante s’affaiblit », explique-t-il.
Il ajoute cependant que la menace est aussi biologique : « Si le problème est causé par des pathogènes, on parle de maladies parasitaires. Actuellement, les cas de vroses et de bactérioses sont très fréquents. Elles touchent l’aubergine et la tomate, mais le phénomène est particulièrement accentué sur le piment. »
Pour pallier ces difficultés, l’agronome exhorte les producteurs à privilégier les mesures préventives et à s’approvisionner auprès de circuits de semences contrôlés.
Kindia, Mamadou Samba Diallo





