Les vendeuses d’ananas, prises en étau entre la hausse des coûts et la raréfaction des clients, lancent un cri d’alarme.
La ville de Kindia est traditionnellement réputée pour sa florissante production de fruits et légumes. Cependant, de nos jours, ces produits locaux deviennent inaccessibles sur les différents marchés. Les vendeuses de fruits pointent du doigt les producteurs, qui, à leur tour, dénoncent la cherté des intrants agricoles.
Cette situation se répercute lourdement sur les consommateurs, qui sont désormais obligés de débourser des sommes importantes pour se procurer ces produits locaux, notamment l’ananas, dont le prix ne cesse de grimper. Dans la sous-préfecture de Friguiagbé, par exemple, où la production d’ananas est particulièrement importante, il faut compter 40 000 à 50 000 GNF pour se procurer un ananas de qualité.
Le témoignage des vendeuses
Interrogée sur cette hausse des prix, Kadiatou Camara, vendeuse au détail, s’explique :
« Actuellement, le prix est à la hausse, parce que nous payons le transport pour aller dans les champs acheter en gros pour revendre au détail. Nous achetons un casier d’ananas à 250 000 GNF. Et dans ce casier, il n’y a que 18 ananas. Comment faire pour couvrir le prix d’achat du casier, le transport aller-retour, et dégager un bénéfice ? C’est très difficile. Il faut donc revendre les plus gros, un à 30 000 GNF ou même 50 000 GNF, pour pouvoir gagner quelque chose. Parfois, des agriculteurs nous donnent des casiers que nous payons après la revente, mais d’autres exigent un paiement immédiat. Il y a des moments où il faut une semaine, voire plus, pour écouler tous les ananas. Pendant cette période, certains fruits vont pourrir, et c’est une perte sèche pour nous. Ce n’est pas de notre faute. Nous sollicitons les autorités pour qu’elles diminuent le prix des engrais et demandons aux agriculteurs d’avoir pitié de nous. Sinon, la situation ne va pas du tout. Friguiagbé n’est plus comme avant. »
Yarie Soumah, une autre vendeuse, dénonce également les difficultés liées à l’approvisionnement et à l’écoulement de la marchandise :
« C’est après la récolte que nous allons acheter auprès des agriculteurs. Mais parfois, si vous partez à 6 heures, vous ne reviendrez qu’à 21 ou 22 heures parce qu’il y a trop de monde et le trajet est long. C’est très difficile, d’autant plus qu’actuellement, la clientèle se fait rare. Si vous vendez pour 100 000 GNF dans toute la journée, c’est que vous avez fait une bonne affaire. Nous souffrons énormément ici. Nous demandons aux autorités de revoir le prix des intrants, car c’est cela qui rend l’ananas si cher. Si le prix des intrants diminue, les agriculteurs diminueront à leur tour. Et nous, les vendeuses, nous ferons la même chose, et les clients seront soulagés. »
L’appel à la réglementation
Nombreux sont les observateurs qui estiment que les autorités guinéennes doivent agir rapidement afin de contrôler et de réglementer les prix de ces produits locaux essentiels.
Kindia, Mamadou Samba Diallo





