À Kindia, les maraîchers font face à une double difficulté : le manque cruel d’eau pour irriguer leurs cultures et la cherté des intrants agricoles. Ces obstacles ont des conséquences néfastes sur la production et le rendement, poussant ces agriculteurs à peiner pour assurer la sécurité alimentaire, faute d’accompagnement adéquat.
C’est le cas notamment des maraîchers de Foulayah, dans la sous-préfecture de Damakania, qui rencontrent de sérieux problèmes pour garantir la productivité de leurs parcelles.

Un besoin vital : 200 mètres de raccord
Dans les plaines agricoles de Foulayah, les cultures sont souvent menacées, voire détruites, par la sécheresse et le manque d’infrastructures d’irrigation.
Pour arroser son champ, Thérèse Camara, une jeune femme dynamique, est confrontée à la nécessité d’acquérir de l’équipement coûteux : motopompes, essence, raccords, etc. Son champ se trouvant à 200 mètres du point d’eau, elle a besoin d’une longueur conséquente de tuyaux, un investissement qu’elle n’a pas les moyens d’assumer.
« Nous travaillons beaucoup ici, mais nous n’avons pas les moyens. Mon champ se trouve à 200 mètres du point d’eau ; il nous faut donc une motopompe, de l’essence et 200 mètres de raccord pour pouvoir irriguer mes cultures ».
Thérèse et ses pairs produisent du piment, des aubergines blanches et noires, du maïs et du concombre. Cependant, « le problème d’eau nous fatigue beaucoup », confie-t-elle.
« Les cultures ont commencé à évoluer, mais nous n’avons pas d’appui pour l’irrigation. Comme vous le constatez, les feuilles des aubergines blanches ont commencé à sécher par manque d’arrosage. »
Cherté des intrants agricoles
Aux difficultés liées à l’eau s’ajoutent celles de l’achat des intrants. Les prix sont exorbitants pour ces agriculteurs qui vivent au jour le jour : Sac d’engrais (standard) : 380 000 GNF, Engrais foliaire : 120 000 GNF, Mongal plus : 20 000 GNF
« C’est seulement quand on cherche où emprunter de l’argent qu’on peut engager les travaux », explique Thérèse Camara. Elle ajoute qu’après les récoltes, l’incertitude est la règle : « Des fois, on gagne, mais parfois, on ne réalise aucun bénéfice. »
Appel aux autorités
Face à cette situation précaire, la maraîchère lance un appel pressant au gouvernement.
« Nous demandons un accompagnement auprès des autorités guinéennes pour nous aider à aménager nos plaines agricoles, mais aussi pour faciliter l’obtention des intrants agricoles et de financements».
Selon certains observateurs, le gouvernement guinéen et ses partenaires au développement doivent impérativement soutenir ces maraîchers et améliorer leurs conditions de travail afin de booster ce secteur porteur d’emplois et essentiel à la sécurité alimentaire nationale.
Kindia, Mamadou Samba Diallo 620135213





