Comme chaque année, le mois de juin, consacré à la célébration des droits de l’enfant, est marqué à Kankan par des activités de sensibilisation, des plaidoyers et des appels pressants des acteurs de la société civile.
Le mois de l’enfant, au-delà de son caractère symbolique, est devenu une tribune pour dénoncer les nombreuses violations dont sont victimes les enfants dans la région et pour proposer des pistes concrètes d’action.
Parmi les voix les plus engagées, Mamadi Kaba, Directeur Exécutif de l’ONG Agir pour la Santé Maternelle et Infantile (ASAMI), a tenu à tirer la sonnette d’alarme sur la recrudescence des violences faites aux enfants et l’abandon scolaire dans certaines zones rurales de la Haute-Guinée.
« Il ne suffit pas de célébrer le mois de l’enfant avec des slogans festifs. Nos enfants sont en danger : exploitation domestique, travail dans les mines, violences sexuelles, mariages précoces… À ASAMI, nous recevons chaque semaine des cas alarmants. Il est temps que les autorités passent de la parole aux actes. La protection de l’enfant doit être une priorité absolue dans toutes les politiques publiques », a martelé Mamadi Kaba, visiblement préoccupé.
Autre voix féminine engagée dans la défense des droits des enfants, Aminata Condé, activiste et éducatrice, s’est exprimée sur la nécessité d’impliquer davantage les communautés à la base :
« Trop souvent, les enfants sont considérés comme des propriétés familiales. On les envoie travailler au lieu de les envoyer à l’école. Or, un enfant éduqué est un adulte responsable. Nous devons déconstruire ces mentalités rétrogrades à travers des campagnes communautaires, car les textes de loi seuls ne suffisent pas. Nous travaillons en collaboration avec les familles, les écoles et les autorités locales. Mais il nous faut plus de moyens. Beaucoup de cas de maltraitance sont encore traités dans l’indifférence, surtout dans les zones rurales où l’accès aux structures de protection est quasi inexistant» a-t-elle déclaré.
Il faut rappeler que, les activistes réclament également une réponse institutionnelle plus cohérente, notamment le renforcement des capacités des services de protection sociale, en recrutant des éducateurs spécialisés et en mettant en place des mécanismes de signalement efficaces.
Facely Sanoh depuis Kankan pour actualitefeminine.com





