Lors d’une rencontre dédiée aux droits des femmes, Pr Mariame Béavogui, vice-rectrice de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry et ancienne ministre de la Santé, a délivré un message sans équivoque : l’heure n’est plus aux déclarations d’intention, mais à l’offensive sur le terrain.
De la parole à l’offensive : « Droits. Justice. Action. »
S’alignant sur la thématique de l’ONU Femmes, la professeure a insisté sur la nécessité de transformer les concepts théoriques en réalités tangibles. Pour elle, le triptyque « Droits, Justice, Action » doit devenir la boussole de la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG).
« On a toujours parlé des droits et de la discrimination, mais pour nous, il est temps d’agir », a-t-elle martelé.
L’université, un terrain de lutte prioritaire
Le milieu universitaire n’est pas épargné par les violences. Pr Béavogui a mis en lumière l’importance des dispositifs de proximité. Tout en saluant les acquis, elle appelle à un renforcement structurel des cellules d’écoute. Ces espaces doivent, selon elle, garantir une sécurité totale et un anonymat strict pour que la peur change de camp, tout en offrant un accompagnement juridique et psychologique systématique via l’État et les ONG.
Briser le mur du silence et les pesanteurs sociales
L’un des principaux obstacles identifiés reste le poids socioculturel. La peur du jugement et les tabous musellent encore trop de victimes. Pr Béavogui plaide pour une solidarité féminine renforcée afin de briser ces chaînes et obtenir une protection réelle.
Le défi de l’application des lois : passer du texte au terrain
Si la Guinée a réalisé des avancées institutionnelles notables sous l’impulsion du ministère de la Promotion féminine, le fossé entre le texte de loi et la réalité quotidienne demeure. La professeure souligne que, malgré l’existence de lois protectrices et de structures dédiées, deux défis majeurs subsistent : l’application rigoureuse des textes par les autorités et la vulgarisation de l’information auprès des populations.
En conclusion, la vice-rectrice a rappelé que la connaissance est une arme. Selon elle, aucune femme ne doit ignorer les boucliers juridiques à sa disposition. « Les femmes doivent savoir qu’elles peuvent saisir la justice si elles sont menacées », a-t-elle conclu, rappelant que la loi doit devenir leur meilleure alliée.
Soumah Naby Moussa 666-144-50





