Dans la sous-préfecture de Sabadou-Baranama, située dans la préfecture de Kankan, quatre coépouses ont décidé d’unir leurs forces pour faire face aux réalités économiques actuelles. Leur arme pour lutter contre la précarité : la fabrication artisanale de savon, une activité génératrice de revenus communément appelée kabadou.
Confrontées à la cherté de la vie et soucieuses de contribuer aux charges du foyer, ces femmes ont choisi de travailler main dans la main, dans un esprit de solidarité et d’entraide exemplaire.
Au micro de notre correspondante régionale, Mariame Doumbouya, l’initiatrice du projet, explique l’origine de cette aventure :

« Nous sommes coépouses. Nous n’avons pas eu la chance d’aller à l’école à cause du manque de moyens de nos parents, et notre époux ne nous a pas non plus initiées à un métier. C’est pourquoi j’ai eu l’idée de lancer cette activité. J’ai présenté le projet à mes coépouses et elles ont tout de suite accepté de m’accompagner. Nous pratiquons la saponification depuis un bon moment maintenant, et cette activité nous est très bénéfique. Grâce à ce travail, nous épaulons notre époux lorsqu’il traverse des difficultés financières, et nous subvenons aux petits besoins de nos enfants et de la famille. »
Pour elle, cette entreprise représente bien plus qu’un simple moyen de gagner de l’argent : elle constitue un symbole d’indépendance et de responsabilité pour ces femmes qui voient désormais plus grand.
« Nous voulons agrandir notre activité et aider d’autres femmes sans emploi à trouver une occupation. Cependant, nos conditions de travail restent difficiles. La manipulation de certains produits chimiques, comme la soude, présente des risques pour nos enfants et nos animaux domestiques. C’est pourquoi nous lançons un appel aux personnes de bonne volonté, particulièrement aux autorités et au président de la République, afin qu’ils nous soutiennent en nous fournissant des équipements et les moyens nécessaires pour développer notre travail dans de meilleures conditions de sécurité », a-t-elle plaidé.
En guise de conclusion, Mariame Doumbouya a lancé un message fort pour encourager l’entrepreneuriat féminin, invitant ses paires à ne pas se murer dans la dépendance financière.
« J’invite toutes les femmes à se trouver une occupation. L’aide de nos époux ou de nos familles ne peut pas toujours suffire. Seul le fruit de notre propre labeur peut nous accompagner durablement. Le travail nous donne de la dignité et nous permet de prendre toute notre place dans la société », a-t-elle conclu.
À Sabadou-Baranama, ces quatre coépouses démontrent avec brio que l’union, la volonté et le courage peuvent transformer les difficultés du quotidien en opportunités d’avenir. Leur parcours, véritable exemple de résilience, mérite aujourd’hui un coup de pouce institutionnel pour permettre à leur initiative de porter encore plus de fruits.
Par Tichou Sagno





