Le Tribunal de première instance (TPI) de Kindia a rendu, ce jeudi 27 août 2026, son verdict dans une affaire de vol aggravé et d’association de malfaiteurs impliquant cinq prévenus, dont quatre femmes.
Au terme des débats, des réquisitions du ministère public et des plaidoiries de la défense, le tribunal a reconnu Mariama Kaba, Fanta Kaba, Fatoumata Camara et Aïcha Keïta coupables des faits qui leur étaient reprochés. Elles ont été condamnées chacune à 19 mois d’emprisonnement et à une amende d’un million de francs guinéens.

En revanche, le cinquième prévenu, Ali Camara, poursuivi pour complicité de vol aggravé et association de malfaiteurs, a été relaxé. Le tribunal a estimé que les éléments du dossier ne permettaient pas d’établir sa culpabilité au-delà de tout doute raisonnable.
Lors du prononcé du jugement, le président du tribunal a précisé que cette relaxe ne signifiait pas nécessairement qu’Ali Camara n’avait pas participé aux faits, mais que les preuves produites demeuraient insuffisantes. En matière pénale, a-t-il rappelé, la culpabilité doit être établie avec une certitude absolue.
Des dommages-intérêts accordés aux parties civiles
Sur le volet civil, le tribunal a déclaré recevables les constitutions de partie civile de Mikaël Bangoura, Saran Konaté et Fatoumata Irandouré.
Les quatre femmes condamnées devront solidairement verser 30 millions de francs guinéens à Fatoumata Irandouré au titre de dommages-intérêts. De son côté, Mariama Kaba devra verser 6,2 millions de francs guinéens à Saran Konaté et 24 millions de francs guinéens à Mikaël Bangoura en guise de réparation civile.
La constitution de partie civile d’Alpha Oumar Camara a, quant à elle, été jugée non fondée. Le tribunal l’a par conséquent débouté de l’ensemble de ses demandes.
Par ailleurs, la juridiction a ordonné la restitution à Ali Camara de plusieurs biens placés sous scellés, notamment un véhicule de marque Mercedes, son permis de conduire, un sac noir et la clé de l’automobile.
Le parquet fait appel
Le procureur de la République près le TPI de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, a immédiatement annoncé interjeter appel de la décision de relaxe concernant Ali Camara. Selon le magistrat, le ministère public estime que les éléments du dossier retiennent la responsabilité du prévenu, notamment en raison de son rôle présumé dans le transport des quatre femmes condamnées.
« Nous respectons la décision du tribunal, mais nous ne sommes pas d’accord avec cette relaxe. C’est pourquoi nous avons immédiatement relevé appel », a déclaré le procureur.
L’affaire n’est donc pas définitivement close. Si la condamnation des quatre femmes est actée en première instance, le cas d’Ali Camara sera désormais soumis à l’appréciation de la cour d’appel. Les parties disposent d’un délai légal de quinze jours pour exercer leurs recours.
Kindia, Samba Diallo pour www.actualitefeminine.com
