L’école primaire de Condetta 2, située dans la commune urbaine de Kindia, accueille quotidiennement 846 élèves, dont 416 filles, dans des conditions particulièrement difficiles. Construite en 1994, l’infrastructure n’a, selon la direction, jamais bénéficié d’une rénovation d’envergure depuis sa mise en service.
Situé à proximité de la gare routière et de l’hôtel Marcika, l’établissement se trouve aujourd’hui dans un état de délabrement avancé. Portes et fenêtres arrachées, toitures percées, tables-bancs détériorés, escaliers endommagés et toilettes hors d’usage : les obstacles à un enseignement serein se multiplient.

À ces problèmes matériels s’ajoute l’absence de clôture, qui expose l’établissement aux intrusions et au vandalisme. La direction dénonce de fréquents vols et un climat d’insécurité aux abords comme à l’intérieur de l’école.
« Pendant les vacances, on a volé les portes et les fenêtres. L’année dernière, des individus armés ont attaqué l’école et poignardé un enfant. Chaque matin, nous trouvons des personnes qui dorment dans les classes. Nous avons peur de venir travailler », témoigne la directrice.
Des salles de classe fortement dégradées
Le bâtiment principal figure parmi les plus touchés. La toiture en tôle est fortement rouillée, tandis que la charpente en bois et les plafonds menacent de s’effondrer.
En période de pluies, les infiltrations d’eau perturbent gravement le rythme des cours. Avant d’enseigner, maîtres et élèves doivent souvent commencer leur journée en évacuant l’eau accumulée dans les salles.

Le manque de mobilier constitue un autre obstacle majeur. Selon la direction, l’école n’a pas reçu de dotation en tables-bancs de la part de l’État depuis plusieurs années.
« Toutes nos tables-bancs sont endommagées. Depuis mon arrivée en 2017, nous n’en avons pas reçu une seule de l’État. Ce sont les parents d’élèves ou nous-mêmes qui financons le mobilier pour que les enfants puissent suivre les cours », déplore la directrice, Mme Mopha Gbahara Touré.
L’érosion du sol, la dégradation des escaliers et la détérioration des tableaux noirs complètent ce tableau préoccupant. Les sanitaires, quant à eux, ne sont plus du tout fonctionnels : faute de toilettes opérationnelles, le corps professoral est contraint de solliciter les installations du voisinage.
Un appel pressant aux autorités et aux partenaires
Malgré ce contexte précaire, l’établissement continue d’assurer sa mission auprès des 846 élèves inscrits. Mais pour la direction, les ressources locales ne permettent plus de couvrir les réparations, même les plus sommaires.
Face à l’urgence de la situation, un appel pressant est lancé aux autorités éducatives, aux responsables locaux, aux partenaires techniques et aux personnes de bonne volonté.

« Nous lançons un appel à nos autorités et à toutes les bonnes volontés : venez nous aider. Nos enfants méritent d’étudier dans des conditions dignes », plaide Mme Mopha Gbahara Touré.
La réfection complète des bâtiments, l’érection d’une clôture de sécurité, la réhabilitation des sanitaires et le rééquipement en mobilier scolaire constituent aujourd’hui les urgences absolues pour offrir aux enfants de Condetta 2 un cadre d’apprentissage sécurisé.
De Kindia, Samba Diallo
