L’Institut supérieur des arts Mory Kanté de Dubréka (ISAMK/D) a accueilli, ce samedi 4 juillet, un panel de restitution et de plaidoyer consacré au rôle de la création audiovisuelle comme levier d’expression, de confiance en soi, d’émancipation et de valorisation des parcours des jeunes, notamment des jeunes femmes. Organisée par Phoenix Vision, lauréat du programme Accès Culture financé par l’Institut français, cette rencontre visait à promouvoir l’accès à la culture en milieu scolaire tout en mettant en lumière la place des femmes dans les métiers du cinéma et de l’audiovisuel.
Prenant la parole, Oumar Kourouma, cinéaste et président de Phoenix Vision, a expliqué que cette initiative s’inscrit dans une dynamique de plaidoyer en faveur d’une plus grande inclusion des femmes dans les domaines artistiques.

« Ce projet de plaidoyer et de restitution, avec pour thématique le rôle de la création cinématographique pour le parcours des femmes créatrices, s’inscrit dans le cadre du programme Accès Culture. Nous menons des plaidoyers avec notre partenaire français, l’Usine de films amateurs pour l’accès à la culture en milieu scolaire, notamment pour les femmes qui sont parfois exclues par la société. Pourtant, malgré ces obstacles, il existe des femmes fortes, courageuses et battantes qui parviennent à créer et à s’exprimer. Nous voulons montrer ce que la création cinématographique apporte à leur parcours et comment la valoriser », a-t-il déclaré.
De son côté, le cinéaste guinéen Richard Hebélamou, également membre de Phoenix Vision, a évoqué les préjugés auxquels sont confrontés les étudiants, en particulier les jeunes filles, lorsqu’ils choisissent une formation artistique. Selon lui, de nombreux parents méconnaissent encore les opportunités offertes par l’ISAMK et assimilent souvent les études cinématographiques à une perte de temps.

Pour changer cette perception, Phoenix Vision mène des campagnes de sensibilisation dans les établissements scolaires afin de présenter les différents métiers de l’audiovisuel — notamment la réalisation, le montage, le cadrage, le son et la production — ainsi que les débouchés dans les médias et les sociétés de production.
« Nous amenons aussi les élèves à raconter leurs propres histoires à travers de courts métrages. Cela leur permet de développer leur créativité et leur confiance en eux. L’objectif est également de faire comprendre aux parents que le cinéma n’est pas du vagabondage, mais un véritable métier. Nous voulons surtout encourager les femmes à s’exprimer et à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas », a-t-il souligné.

Invitée au panel, la scénariste et réalisatrice M’mah Soumah a insisté sur le rôle du septième art dans l’émancipation des femmes :
« Le cinéma et l’audiovisuel permettent de valoriser nos œuvres. Lorsque les femmes racontent elles-mêmes leurs histoires, les réalités sociales qu’elles vivent ou observent, le message a davantage d’impact. Nous voulons donner de la force et encourager les femmes à rejoindre notre domaine. Je leur dis de ne pas avoir peur, car le cinéma est un secteur riche dans lequel elles peuvent pleinement réussir », a-t-elle affirmé.
Parmi les participantes, Marie Camara a salué l’engagement des professionnelles du cinéma présentes lors de la rencontre.
« Nous les remercions et les encourageons à poursuivre ce qu’elles font. C’est un métier qui demande beaucoup de courage. Nous encourageons toutes les femmes à persévérer dans leurs ambitions, quel que soit leur domaine d’activité, à croire en elles-mêmes et à ne pas se limiter au rôle de ménagère », a-t-elle déclaré.
La rencontre a été marquée par la projection d’un film réalisé par les panélistes, toutes anciennes étudiantes de l’Institut supérieur des arts Mory Kanté de Dubréka, illustrant concrètement le potentiel de la création audiovisuelle comme outil d’expression, de sensibilisation et d’émancipation.
Naby Moussa Mansaré 666-144-250 pour actualitefeminine.com





