La grève déclenchée par l’intersyndicale de l’éducation a fortement perturbé les cours dans plusieurs écoles publiques de Matoto, marquant la journée de ce lundi 1er décembre 2025.
Collège Yaguine et Fodé : ambiance maîtrisée, malgré l’appel
Au collège Yaguine et Fodé, l’appel à la grève lancé par les enseignants a influencé la tenue des cours, même si la direction affirme avoir réussi à maintenir l’essentiel des activités pédagogiques.
Le principal, Kabassan Condé, explique que sur les 20 groupes pédagogiques prévus, 19 ont fonctionné. Il a également précisé que 942 élèves étaient présents sur les 1416 inscrits, dont 608 filles. Selon lui, l’ambiance générale est restée maîtrisée malgré l’inquiétude que le mouvement a semée parmi les élèves. « Je crois que les cours se tiennent correctement, et l’atmosphère aussi », assure-t-il, tout en reconnaissant que le mot d’ordre a installé une « certaine psychose » au sein des élèves.
Des incidents ont toutefois éclaté pendant la récréation, avec des échanges de pierres entre élèves. Le principal minimise la portée de ces événements, qu’il attribue à de simples regroupements spontanés. « Dès que nous avons sifflé, les élèves sont rentrés en classe et les professeurs ont pu donner leurs cours », a-t-il précisé.
Poursuivant sur sa lancée, Kabassan Condé a lancé un appel pressant au maintien du dialogue social. « À l’endroit des syndicalistes, c’est de continuer, comme ils l’ont toujours fait, à prôner le dialogue avec l’État. Et ce que je demande aussi à l’État, c’est d’accepter quelques cris de cœur des enseignants. Qui façonne un État ? C’est l’enseignant. Si l’enseignant n’est pas à l’aise, il risque de mal former les enfants, et quand les enfants sont mal formés, il n’y a pas de développement », a-t-il insisté.
Pour lui, l’enjeu dépasse les acteurs immédiats : « Nous prônons le dialogue, nous voudrions qu’il y ait la paix et la quiétude sociale, afin que ces enfants, qui sont les futurs cadres de nos communes, puissent mieux étudier dans de bonnes conditions. Cela n’arrange personne si les enfants souffrent, ni l’État, ni le syndicat. C’est l’avenir de demain. Tout le monde doit se battre pour que ces enfants puissent étudier correctement », a-t-il conclu.
Lycée Léopold Sédar Senghor : nombreux absents et proviseur silencieux
La situation n’était guère différente au lycée Léopold Sédar Senghor. D’après les informations recueillies et confirmées par le secrétaire général de la SNE, l’une des structures en grève, 10 des 16 professeurs programmés avaient pris service. Néanmoins, dans plusieurs salles de classe, la majorité des enseignants restaient absents.
Au moment où nous quittions les lieux, de nombreux élèves quittaient déjà l’établissement pour rejoindre leurs domiciles.
Soumah Naby Moussa (666-144-250)




