Dans la société guinéenne, le mariage forcé est une pratique très répandue. Malgré les dispositions de la loi qui l’interdisent, certaines familles essayent de donner leurs filles en mariage contre le gré de ces dernières. Parmi elle, figure la fille que nous prénommons A Konaté. Elève en classe d’examen à Kankan, elle dénonce l’attitude de ses parents qui menace ses études.
Elève de terminales à Kankan, la deuxième grande ville du pays, A Konaté prépare le Baccalauréat. Pour elle, réussir cet examen national est un défi pour elle afin de poursuivre les études supérieures. Mais c’était sans compter sur le projet de mariage de son oncle maternel.
Pendant qu’elle est concentrée sur les préparatifs de son examen, A. Konaté est informée par son oncle maternel et père adoptif qu’elle sera donnée en mariage à un cousin.
Au téléphone, elle explique avoir été surprise par cette mauvaise information. « C’est très difficile pour nous, les filles dans nos milieux traditionnels. Vraiment, je n’arrive pas à croire que mon oncle veut me forcer à me marier. Je n’étais pas préparée à ça. Jamais, ils ne m’ont informée à l’avance à plus forte raison, demander mon avis. Ils veulent briser mon rêve de continuer mes études », dit-elle.
Elle ne veut surtout devenir la femme d’un homme dont les premiers enfants sont plus âgés qu’elle : « Moi, j’ai 21 ans. Je connais ce cousin, on n’est même pas de la même génération. Il a des enfants qui sont plus âgés que moi. Moi, être femme de cet homme ? Ah non, je suis dépassée. Je ne sais vraiment pas ».
Bien qu’A Konaté ait l’âge de la majorité, son consentement est requis par le code civil guinéen pour que son mariage soit valide. Mais dans notre pays, les coutumes et la religion priment sur le droit.
Se sentant vulnérable, la jeune fille dit réfléchir à toutes les pistes pour éviter ce mariage forcé. Vivant les séquelles de l’excision qu’elle a subie dès l’âge de 10 ans, elle ne veut pas supporter un nouveau fardeau à lui imposer par la tradition.
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