À quelques jours de la célébration de l’Aïd el-Fitr (Ramadan), l’effervescence est déjà palpable dans les différents quartiers de la commune urbaine de Kankan. Entre marchés bondés, concessions en pleine activité et cuisines en ébullition, les préparatifs vont bon train. Une dynamique portée en grande partie par les femmes, véritables chevilles ouvrières de cet événement religieux majeur.
L’effervescence des marchés
Au grand marché de Dibida, comme dans les marchés de proximité, l’ambiance est électrique. Les étals débordent de condiments, de tissus, de chaussures et d’ustensiles de cuisine. Dès l’aube, les mères de famille prennent d’assaut les lieux pour s’approvisionner et anticiper les besoins du jour J.

« Le ramadan est une fête sacrée pour nous. Il faut tout anticiper : les épices, le riz, mais aussi les tenues des enfants. Même si les prix ont grimpé, on s’adapte avec les moyens du bord », confie Mariama Camara, une ménagère rencontrée entre deux étals.
Le défi du pouvoir d’achat
Pourtant, derrière cette mobilisation, le poids de la conjoncture économique se fait sentir. La cherté des denrées alimentaires et du bétail pèse lourdement sur le panier de la ménagère et les budgets familiaux.
Fatoumata Diallo, vendeuse de condiments, ne cache pas son inquiétude : « Autrefois, nous pouvions préparer les festivités avec une certaine aisance. Aujourd’hui, tout est devenu onéreux. Même l’achat d’un mouton est devenu un luxe pour beaucoup. Malgré tout, nous nous battons pour que la fête soit belle, car on ne peut pas rester sans rien faire. »
Plus qu’une fête, un symbole de cohésion
Au-delà de l’aspect matériel et festif, la fête du ramadan demeure un moment intense de foi, de partage et de solidarité. À Kankan, par leur résilience et leur engagement quotidien, les femmes insufflent à cette célébration toute sa saveur et sa dimension humaine, préservant ainsi les traditions de générosité propres à la cité de Nabaya.
Facely Sanoh depuis Kankan pour actualitefeminine.com





