À Kankan, l’élevage occupe aujourd’hui une place de plus en plus importante dans le quotidien des citoyens, particulièrement chez les femmes qui en ont fait une activité génératrice de revenus. Entre détermination et courage, elles s’investissent dans ce secteur afin d’améliorer leurs conditions de vie et de contribuer au développement économique local. Toutefois, elles restent confrontées à de nombreuses difficultés qui freinent leur élan.
Pour mieux comprendre cette réalité, notre rédaction s’est rendue au quartier Missiran, dans la commune urbaine de Kankan, à la rencontre de Mme Yaraba Traoré. Cette femme entrepreneure consacre une grande partie de son temps à l’aviculture (l’élevage de volailles).

Animée par le désir d’indépendance financière, Mme Traoré a choisi de se lancer dans cette aventure plutôt que de rester inactive.
« La femme ne peut pas toujours dépendre des autres pour satisfaire ses besoins. Tous les métiers exercés par les hommes peuvent également être pratiqués par les femmes et les jeunes filles. C’est dans cet esprit que j’ai décidé de me lancer dans l’élevage de volailles. Par la grâce de Dieu, je progresse petit à petit et j’apprends beaucoup auprès des personnes expérimentées du secteur », explique-t-elle.
Malgré sa motivation, l’éleveuse souligne plusieurs contraintes qui limitent le développement de son exploitation.
« Je manque d’intrants d’élevage, d’un espace adapté pour agrandir mon activité et de débouchés suffisants pour écouler mes produits. Ces difficultés ralentissent considérablement notre progression », déplore-t-elle.
Au-delà de son propre témoignage, Mme Traoré lance un appel pressant aux autorités, aux partenaires de développement et aux institutions d’appui au secteur agricole afin qu’ils accordent davantage d’attention aux femmes éleveuses.
Elle invite également ses pairs à s’intéresser de plus près à l’élevage, qu’elle considère comme un secteur porteur d’espoir et d’opportunités.
« J’encourage toutes les femmes à s’impliquer dans l’élevage, non seulement pour subvenir à leurs besoins, mais aussi pour participer activement au développement économique de notre pays », conclut-elle.
À travers des initiatives comme celle de Mme Yaraba Traoré, l’élevage apparaît aujourd’hui comme un véritable levier d’autonomisation économique des femmes à Kankan. Avec un meilleur accompagnement technique, financier et matériel, ce secteur pourrait contribuer plus efficacement encore à la lutte contre le chômage et la pauvreté, tout en renforçant la sécurité alimentaire des populations.
Par Tichou Sagno





