En Guinée, les élections riment souvent avec intimidations, discours de haine et violences. Les premières victimes en sont généralement les femmes et les jeunes filles. Résultat : leur participation à la vie publique se trouve fortement freinée.
Pour inverser la tendance, le Groupe de Travail Femmes, Jeunes, Paix et Sécurité en Afrique de l’Ouest et du Sahel (GTFJPS-AOS) a formé 150 ambassadrices de la paix à Kindia. La cérémonie de clôture a eu lieu ce dimanche 28 juin 2026 à la Maison des jeunes de Kindia. L’objectif ? Prévenir les conflits, combattre les discours de haine et sécuriser la participation des femmes aux processus électoraux.
Un panel diversifié pour un impact local
Pendant deux jours, ces 150 femmes ont été outillées. Médiatrices, leaders d’opinion, représentantes de la société civile et de la Direction Générale des Élections (DGE) : elles viennent de tout le spectre communautaire. Au programme de cette session intense : prévention des conflits, techniques de médiation, alerte précoce et lutte contre les violences électorales.
Madame Nantenin Koné, coordinatrice pays du GTFJPS-AOS/GN, explique l’ambition du projet :
« La Guinée est en train de progresser vers une véritable démocratie. En cette période de transition, et malgré des avancées comme l’obtention d’un quota de 30 %, nous estimons qu’il faut aller au-delà. Compte tenu de ce contexte et du besoin de positionner les femmes dans les instances de prise de décision, nous avons initié ce projet intitulé “Leadership et Inclusion dans les postes de décision”. Il a été financé par le Fonds des femmes pour l’action humanitaire, à travers l’ONU Femmes qui nous soutient. Ce appui nous a permis de former ces 150 femmes médiatrices, ambassadrices et observatrices afin de renforcer leurs capacités », a-t-elle déclaré.
L’atelier ne s’est pas limité à la théorie. Les participantes ont activement élaboré des plans d’action concrets, adaptés aux réalités de leurs localités respectives.
Des outils pratiques pour désamorcer les crises
Youssouf Saran Donzo, directeur national adjoint de l’Emploi des jeunes et facilitateur de l’atelier, insiste sur l’urgence de la situation :
« Nous avons abordé plusieurs thématiques, notamment les techniques de médiation, d’alerte précoce, mais également la gestion et la lutte contre les discours de haine. Pour cela, nous avons traité globalement de la notion de conflit, car on ne peut parler de médiation sans comprendre les crises. Les participantes ont été outillées pour analyser un conflit, en faire le bilan et adopter la bonne attitude. Nous avons aussi mis l’accent sur la différence entre négociation et médiation, les caractéristiques de chacune d’elles et les différents types de conflits », précise-t-il.
Une démarche chaleureusement saluée par Madame Yama Camara, présidente du Conseil préfectoral des organisations de la société civile (OSC) de Kindia, qui plaide déjà pour la pérennisation de ces initiatives :
« Cette formation nous a énormément apporté. Nous avons compris que si ce système d’alerte précoce est bien maîtrisé, il sera un outil très important dans nos quartiers, nos secteurs et nos sous-préfectures. La gestion pratique des conflits est un acquis majeur pour nous », se réjouit-elle.
Déjà déployé dans les quatre régions naturelles du pays, ce projet franchit un cap important. Désormais, ces 150 femmes leaders de Kindia ont une mission claire : mettre en place des mécanismes de veille et s’ériger en premier rempart contre les violences électorales.
De Kindia, Samba Diallo





