À 135 km de Conakry, la ville de Kindia plonge dans l’obscurité. Alors que les fidèles musulmans entament le mois sacré de Ramadan, les coupures d’électricité se multiplient, transformant le quotidien des habitants, et particulièrement celui des femmes, en un véritable parcours du combattant.
Le cri du cœur des ménagères
Dans le quartier Condetta 3, l’inquiétude grandit. Pour Mabinty Soumah, mère de famille, l’absence de courant est synonyme de pertes financières et d’inconfort majeur :
« Le courant est parti hier après la prière de 20h et n’est toujours pas revenu. Nous comptons sur nos congélateurs pour conserver nos condiments et nos boissons fraîches. Avec la cherté actuelle des produits sur le marché, nous ne pouvons pas nous permettre de tout perdre. »

Outre la conservation des aliments, Mabinty souligne un problème de santé publique et de sommeil : l’obscurité favorise la prolifération des moustiques et rend la chaleur nocturne insupportable. Elle appelle les autorités et la société EDG (Électricité de Guinée) à agir d’urgence.
Une infrastructure à bout de souffle
Interrogé sur ces interruptions répétées, Ibrahima Camara, Responsable d’exploitation du poste 110 de Kindia, pointe du doigt une saturation technique. Le diagnostic est sans appel : la demande a explosé, dépassant largement les capacités des installations actuelles.

Une consommation en hausse : La ville est passée d’une consommation historique de 3 MW à un besoin actuel de 25 MW.
Des transformateurs saturés : Malgré le soutien du poste de Donkaya (15 MVA), les équipements sont en surcharge permanente, provoquant des déclenchements automatiques de sécurité.
Le recours au délestage : Pour éviter une panne générale, les techniciens sont contraints de couper certains secteurs pour alléger le transformateur principal.
Les dangers du « double branchement »
M. Camara a également profité de l’occasion pour mettre en garde contre les pratiques frauduleuses. Les doubles branchements non seulement accentuent la surcharge du réseau, mais présentent des risques réels de courts-circuits et d’incendies domestiques.
Bien que le responsable d’exploitation assure que cette situation est temporaire, le quotidien des citoyens de Kindia reste suspendu à la stabilité d’un réseau électrique qui peine à suivre l’urbanisation galopante de la cité des agrumes.
Mamadou Samba Diallo pour actualitefeminine.com





