Madina Oula, sous-préfecture de Kindia, fait face à un double défi : l’état désastreux de ses routes et le manque d’écoles. Ces lacunes paralysent le développement socio-économique de cette commune rurale, pourtant riche en potentialités agro-pastorales.
L’enclavement menace le grenier de Kindia
La dégradation avancée de l’axe routier principal, du carrefour Bokaria jusqu’au centre de Madina Oula, rend les déplacements extrêmement difficiles. Sur ce tronçon de 54 kilomètres, les conducteurs mettent désormais 3 à 4 heures pour circuler, selon les témoignages.

L’impact est direct sur les activités économiques locales, l’agriculture et l’élevage étant les principales sources de revenus. Les agriculteurs et éleveurs voient leurs produits (légumes, maraîchages comme la tomate, etc.) pourrir en cours de route. L’enclavement est tel qu’une simple panne de véhicule de deux jours peut anéantir une récolte entière.
Elhadj Ousmane Touré, Président de la Délégation Spéciale de Madina Oula, dénonce cette situation qui entrave la commercialisation de leurs produits :
« Aujourd’hui, tout le monde sait que Madina Oula est l’un des greniers de la ville de Kindia. Mais transporter nos récoltes vers la ville est un vrai problème car la route est complètement dégradée. Nous sollicitons l’aide de l’État et des bonnes volontés pour désenclaver cet axe routier, ne serait-ce que par un reprofilage. »
Éducation et Santé en péril

Le manque d’infrastructures scolaires est une autre préoccupation majeure, notamment dans le district de Sékou Soriyah.
M’balia Bangoura, porte-parole des femmes de la localité, souligne l’insuffisance flagrante des structures d’accueil :
« Nous avons plus de 10 secteurs dans notre district, mais une seule école de trois classes pour tous les enfants. Le nombre d’élèves est nettement supérieur à la capacité d’accueil. Les enfants sont en permutation (matin et soir), mais beaucoup n’ont toujours pas de place. Nos parents avaient construit une école autrefois, mais elle n’est plus fonctionnelle. »
Elle lance un appel urgent aux autorités et aux ressortissants pour trouver une solution durable à la scolarisation des enfants.
Le tableau est sombrement complété par le manque de structures sanitaires. Fanta Sylla, une autre habitante, dénonce l’absence de poste de santé, mettant la vie des patients en danger.
« Nous souffrons beaucoup ici du manque de poste de santé. Les femmes enceintes, pour accoucher, doivent être transportées à moto jusqu’à Kindia ou Madina Oula centre. Cela représente un risque énorme à cause de l’état de la route. Nous ne comptons plus le nombre de femmes enceintes que nous avons perdues. Nous demandons à l’État d’agir pour nous sortir de cette précarité. »

Le maire de la commune rurale interpelle ainsi les autorités nationales et les partenaires au développement afin de mettre en place des solutions rapides pour sortir la population de Madina Oula de cette situation d’urgence.
Mamadou Samba Diallo – 620135213





