L’ONG Les Amazones de la Presse Guinéenne a projeté, ce vendredi 8 mai à Conakry, le film documentaire intitulé « Diari, des filles volées à leur avenir ». Réalisée avec l’appui financier du Girls First Fund, cette projection vise à sensibiliser les communautés sur les risques liés au mariage des enfants. En présence de représentants d’institutions nationales et internationales, d’ONG locales et de leaders religieux, les membres de l’organisation ont présenté un mémorandum de plaidoyer.
En Guinée, les chiffres sont alarmants. Selon un rapport de l’UNICEF de juin 2022, intitulé Le mariage d’enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre, on estime à 670 500 le nombre de femmes mariées avant l’âge de 15 ans, et à 1,7 million celles mariées avant 18 ans. Le pays compte ainsi près de 2 millions d’épouses enfants, soit une jeune femme sur deux mariée pendant son enfance.
Face à cette situation préoccupante, les Amazones de la Presse Guinéenne ont choisi l’image et le témoignage pour briser les tabous. Le documentaire « Diari, des filles volées à leur avenir » est le fruit d’une immersion courageuse sur le terrain. Plus qu’un simple support audiovisuel, il se veut un outil de dialogue conçu pour susciter l’empathie et une réflexion collective profonde.
« Nous sommes réunis cet après-midi pour braquer les projecteurs sur une réalité qui, bien que souvent silencieuse, fragilise les fondements mêmes de notre société : le mariage d’enfants. En Guinée, et particulièrement dans des zones comme le district de Diari, dans la préfecture de Labé, cette pratique continue de voler à nos jeunes filles leur santé, leur éducation et, plus globalement, leur avenir », a expliqué Hassatou Lamarana Bah, vice-présidente de l’organisation.

Cette étape de Conakry, qui fait suite à une première diffusion réussie à Labé, marque un tournant stratégique. Au-delà des images, ces femmes journalistes engagées ont soumis un mémorandum rigoureux. « Ce document est le résultat de sondages menés auprès de 300 personnes et d’analyses contextuelles approfondies. Il porte la voix de celles qui n’en ont pas et propose des pistes d’action concrètes pour un engagement formel des décideurs », a précisé la vice-présidente.
Invitée à prendre la parole, Lydie Tonguino, représentante pays du Girls First Fund, a rappelé la mission de son institution :

« Nous soutenons des initiatives qui agissent sur les normes sociales, les systèmes institutionnels et les comportements communautaires. Nous sommes convaincus que le changement durable naît et se consolide au cœur même des communautés.»
L’événement a également été marqué par un panel intitulé « Mariage d’enfants en Guinée : comprendre, prévenir et agir », réunissant médecins, leaders religieux et activistes. La cérémonie s’est clôturée par la remise officielle du mémorandum et d’un satisfecit au partenaire financier.
Hasso Bah





