À quelques heures de la célébration de la fête de la Tabaski, le grand marché de Kindia vibre au rythme des préparatifs. Au centre-ville, l’engouement est palpable : d’énormes embouteillages et des bousculades entre vendeurs et acheteurs témoignent de l’agitation ambiante. Cependant, derrière cette effervescence se cache une réalité bien plus difficile pour de nombreuses familles confrontées à la hausse du coût de la vie.
Selon notre constat de ce mardi au centre-ville, le prix de plusieurs articles a grimpé. Le poulet se négocie actuellement entre 70 000 et 150 000 FG. À la boucherie, le prix du kilo de viande varie entre 60 000 et 70 000 FG. Face à cette situation devenue préoccupante, les chefs de famille, notamment les femmes, s’inquiètent.

Fatoumata Touré, mère de six enfants, exprime son désarroi face à cette flambée des prix :
« Le marché est très cher, il n’y a pas de bon poisson. Le poulet qu’on avait l’habitude d’acheter à 50 000 FG est aujourd’hui à 70 000 FG. Pour la viande, le kilo est entre 60 000 et 70 000 FG, et la quantité est très minime. Quant aux habits, n’en parlons même pas ! Il n’y en a pas à moins de 50 000 FG. Il faut avoir beaucoup d’argent, alors que nous sommes pauvres. On se demande s’il faut acheter les condiments ou les vêtements. Personnellement, j’ai six enfants. J’ai été obligée d’acheter des coupons de tissu à 10 000 FG pour chacun. C’est ce qu’on a fait coudre pour eux, car mon mari n’a pas les moyens. Mais ce qui est le plus frustrant, c’est que les produits locaux sont devenus hors de prix. Qu’il s’agisse de l’aubergine, du gombo ou de la tomate, tout est cher alors qu’on les produit ici en Guinée. Vraiment, ça ne va pas. Nous demandons aux autorités guinéennes de nous aider, d’aider les femmes, car les femmes guinéennes souffrent », plaide-t-elle.
De son côté, Mabinty Sylla partage ses difficultés quotidiennes :
« Ce matin, je suis venue avec 500 000 FG. L’argent est déjà fini et je n’ai même pas pu acheter tout ce dont j’avais besoin. Je suis obligée de rentrer et de confier le reste des courses aux enfants pour qu’ils reviennent plus tard. Aujourd’hui, tout a augmenté, à commencer par les sacs en plastique. Le petit sachet qu’on achetait à 1 000 FG coûte désormais 2 000 FG. Actuellement, il n’y a plus rien d’abordable au marché », déplore-t-elle.
Du côté des vendeurs de bétail, les parcs sont bien approvisionnés en moutons, mais les acheteurs se font rares. Ici, l’abondance des bêtes ne rime pas avec baisse des prix, ce qui explique pourquoi de nombreux animaux restent encore invendus.

Aboubacar Sylla, vendeur de bétail, garde tout de même espoir malgré la timidité de la clientèle :
« Cette année, les prix varient entre 1 500 000 et 4 000 000 FG. L’année dernière, ce n’était pas ainsi. Si les prix ont grimpé, c’est à cause de l’épizootie qui a touché le bétail, mais aussi de la crise au Mali, vers Bamako. Beaucoup d’entre nous avaient l’habitude d’y acheter les bêtes pour les revendre en Guinée, mais cette fois-ci, cela n’a pas été possible. C’est vrai que les clients sont rares, mais nous espérons écouler notre cheptel d’ici demain. »
De Kindia, Samba Diallo pour actualitefeminine.com





