À Beyla, en Guinée forestière, la colère gronde sur les rives du Bembeya. Si la dégradation du cours d’eau inquiète les écologistes, ce sont les femmes qui montent aujourd’hui en première ligne. Pour ces gardiennes du foyer, la pollution n’est plus une statistique, mais un calvaire quotidien qui menace la santé et la survie de leurs familles.
Un joyau devenu dépotoir
Pour Fanta Dozon, habitante d’un quartier riverain, le constat est amer : la rivière qui nourrissait la ville s’éteint sous les détritus.
« C’est nous, les femmes, qui portons ce fardeau. Entre les plastiques et les déchets, l’eau est devenue inutilisable pour la cuisine ou le maraîchage. Ce n’est plus une rivière, c’est un dépotoir à ciel ouvert. »
Ce qui était autrefois un lieu de vie et d’échanges est devenu une zone de danger, privant les enfants d’un espace de jeu et les mères d’une ressource vitale.
Une urgence sanitaire et sociale
Au-delà de l’aspect visuel, c’est le spectre de la maladie qui hante les foyers. Hawa Traoré, membre d’un groupement local, pointe du doigt l’insalubrité croissante : odeurs méphitiques, prolifération de moustiques et risques épidémiques.

Leurs revendications sont claires :
Nettoyage immédiat du lit du cours d’eau.
Interdiction stricte des dépôts de déchets sauvages.
Régulation des activités polluantes, comme le lavage intensif des véhicules.
Sensibilisation accrue des jeunes et des usagers.
« Les femmes doivent être au centre de la solution »
Pour Hawa Traoré, le salut du Bembeya passera par l’inclusion. Puisqu’elles sont les premières utilisatrices de l’eau, les femmes exigent d’être intégrées aux processus de décision et aux programmes de gestion environnementale.
« Si nous continuons à détruire notre environnement par la déforestation et l’incivisme, nous détruisons notre propre avenir », prévient-elle avec force.
La crise du Bembeya n’est plus seulement écologique ; elle est devenue un enjeu social majeur. La mobilisation de ces femmes rappelle que sans une gestion durable et communautaire, c’est tout l’équilibre sanitaire et économique de Beyla qui risque de s’effondrer.
Facely Sanoh pour actualitefeminine.com






