La République de Guinée à travers Mme Fatoumata Sanoh professeure et écrivaine participe au congrès de la Ligue des Écrivaines de l’Afrique qui se tient au Maroc. Cette rencontre qui se tiendra du 8 au 12 mars 2023 et qui réunit plus d’une centaine de femmes écrivaines, issues de tous les pays d’Afrique, du Nord au Sud, d’Est en Ouest vise à débattre de l’émancipation de la femme africaine dans le monde littéraire.
C’est sous l’égide du Royaume du Maroc que se tiendra la ligue des écrivaines de l’Afrique à la bibliothèque nationale avec pour slogan ‘’POUR UNE CONSTRUCTION DES PONTS DE PARTENARIAT CULTUREL AFRICAIN ». Du 8 au 12 mars 2023, ces écrivaines africaines débâteront sur plusieurs thèmes à savoir : des lois constitutives, du bureau permanent, du projet culturel africain…
A cette occasion solennelle, Mme Fatoumata Sanoh professeure et écrivaine guinéenne a été contactée par la présidente de ladite organisation Badia Erradi, Fatihah N’Diaye et toute l’équipe pour y participer. Pour sa partition à ce congrès, Mme Sanoh profitera de l’occasion pour parler sur certains maux qui affectent la littérature féminine guinéenne.

« En tant qu’écrivaine guinéenne, au fait de ce que nous vivons et traversons, l’occasion sera opportune pour justement souligner les difficultés auxquelles sont confrontés beaucoup d’écrivains et d’écrivaines, non seulement pour faire publier leurs écrits, car pour la plupart ils manquent de moyens, mais aussi pour écouler leurs livres une fois sur le marché, au prix de beaucoup de sacrifices » annonce-t-elle.
L’écrivaine se focalisera précisément sur la vente des œuvres qui peine à connaitre son expansion tant sur le plan national qu’international « à ma connaissance, aucune écrivaine guinéenne, aucun écrivain guinéen ne peuvent se targuer de vivre des produits de leurs livres ! Rares sont ceux qui perçoivent des droits d’auteur… Imaginez : quand un auteur pourra-t-il les toucher s’il faut que cinq cent exemplaires de son livre soient d’abord vendus ? Jamais, d’autant plus qu’un grand nombre de nos concitoyens rechignent à débourser pour acheter des livres, qu’ils trouvent chers, du reste ! » précise-t-elle.
L’autre pan de sa contribution, c’est de toucher un aspect qui affecte l’écrivain guinéen « j’aimerais mettre en exergue une autre situation : après les dédicaces, c’est feu de paille et tout tombe dans l’oubli. Souvent, ce sont les écrivains eux-mêmes qui se démènent pour placer leurs livres. Nous sommes en train de mener un plaidoyer pour que nos œuvres qui en vaillent la peine figurent dans les curricula à différents niveaux… Nous attendons un retour des autorités. Il faut une politique plus efficace autour de la promotion du livre et de la lecture. Nous avons les 72 h du livre et d’autres manifestations de façon sporadique, une multitude de clubs littéraires… Cela porte-t-il vraiment des fruits ? Wait and see ! Le Centre de lecture Publique et d’animation culturelle (CELPAC) avec à sa tête M. Daouda Niane, M. Bernard Béavogui, Mme Fatoumata Kenda Sow ont récemment mené une action d’envergure en nous nommant Ambassadeurs du livre et de la lecture. Nous nous battrons pour que le livre, à l’heure où le net lui dame le pion, retrouve ses lettres de noblesse » promet-elle.
Les difficultés que traversent les écrivains guinéens ne finissent pas comme le signale dame Fatoumata Sanoh « il y a d’autres problèmes qui empêchent l’écrivain/l’écrivaine de sortir la tête de l’eau et je vous donne un exemple. La Guinée est invitée d’honneur à Paris du 16 au 19 mars 2023, au salon du livre africain… Après moult tractations, un vrai parcours du combattant, presque aucun d’entre nous n’y fera son apparition car aux dernières nouvelles il faut être détenteur d’un passeport de service ! Un coup de Jarnac ! Combien d’entre les écrivains ont ce sésame ? En ce qui nous concerne nous les écrivaines, nous devons nous secouer ! Il est plus que temps que nous prenions nos destinées en mains car personne ne le fera à notre place. Très peu d’entre nous sont connues hors de nos frontières, pour ne pas dire nous ne sommes pas du tout connues ; même au niveau national on ne peut dresser une liste exhaustive pour avoir une idée de combien d’écrivaines compte la Guinée » déplore-t-elle.
Mais Mme Sanoh reste optimiste qu’au sortir de ce congrès, elle reviendra au bercail avec plusieurs idées pour soulager les écrivaines guinéennes « j’espère sortir enrichie de cette rencontre, au bénéfice des lettres guinéennes et africaines, grâce aux liens que nous comptons tisser pendant notre congrès fondateur. N’oublions pas que le thème retenu est « POUR UNE CONSTRUCTION DES PONTS DE PARTENARIAT CULTUREL AFRICAIN » » dit-elle.
Elle espère aussi que le projet culturel envisagé, sera porteur en terme de partenariat et permettra aux participantes à ce congrès de conjuguer les efforts pour que les différentes cultures puissent continuer à rayonner et que la puissance de leurs écrits arrive à impacter positivement la cohésion sociale partout en Afrique.
Hasso Bah





