À Fodécariah Balimana, localité située à plus de 50 kilomètres de la ville de Kankan, l’agriculture demeure le principal moteur de subsistance des ménages. Au centre de cette dynamique, les femmes jouent un rôle prépondérant. Pourtant, leur quotidien est un véritable parcours du combattant. Entre pénibilité du travail, manque d’équipements, accès limité aux intrants et absence de financements, ces actrices rurales luttent chaque jour pour assurer la sécurité alimentaire de leurs familles.
Un quotidien marqué par la précarité
Fanta Doumbouya, cultivatrice depuis plus de dix ans, livre un témoignage poignant sur ses conditions de travail :
« Chaque matin, nous quittons le foyer à l’aube pour rejoindre les champs. Nous travaillons sous un soleil de plomb, souvent sans accès à l’eau potable ni outils adaptés. L’agriculture est notre seule source de revenus, alors nous n’avons pas d’autre choix que de continuer. Mais sans engrais, sans semences améliorées ni appui financier, tout devient plus difficile. De plus, beaucoup d’entre nous ne possèdent pas leurs propres terres ; nous exploitons des parcelles prêtées, ce qui freine tout investissement à long terme. »
La double journée des femmes rurales
Au-delà des champs, c’est le poids des responsabilités domestiques qui pèse sur ces femmes. Aminata Camara, mère de cinq enfants et maraîchère, souligne cette réalité invisible :
« Après la journée au champ, une seconde journée commence à la maison : s’occuper des enfants, préparer les repas, entretenir le foyer. Le repos n’existe pas. Lorsque les récoltes sont mauvaises, c’est tout l’équilibre familial qui bascule. Nous avons besoin de formations sur les nouvelles techniques agricoles. Si nous bénéficions d’un accompagnement réel, nous pourrions produire davantage et transformer nos conditions de vie. »
Un enjeu de développement majeur
Le constat est clair : à Fodécariah Balimana, le développement agricole local est intrinsèquement lié à l’autonomisation des femmes. Véritables piliers de l’économie rurale, leur soutien n’est plus une option, mais une nécessité pour garantir un avenir durable à la communauté.
Facely Sanoh depuis Kankan pour actualitefeminine.com





