Le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation à travers la Direction Nationale des Affaires Politiques et de l’Administration Électorale (DNAPAE) a procédé à la restitution du rapport final de l’évaluation des partis politiques. Cent trente (130) partis politiques existent désormais légalement en République de Guinée. L’annonce a été faite par madame Camara Djénab Touré, directrice Nationale des affaires politiques et de l’administration électorale.
Évaluation des partis politiques
Interrogée sur la genèse de cette initiative, madame Camara Djenab Touré, indique que c’est loin d’être une chasse aux sorcières mais plutôt un assainissement au sein de la classe politique.
«Je pense que ce n’est pas une chasse aux sorcières parce que ça fait trois ans que nous sommes en train de travailler à assainir l’espace politique. À la prise du pouvoir, on était à 350 partis politiques, on est revenu au moment de la prise des fonctions du général 2ème section Ibrahima Kalil Condé, à 211 partis politiques», a-t-elle expliqué.
Résultats de l’évaluation des partis politiques
Selon Dame Djénab Touré, 24 partis sont sous observation parce qu’ils doivent globalement aller au congrès. Et par contre 75 sont libres d’exercer.
«Vous venez de suivre la présentation, 99 partis politiques ont émergé du lot en deux (2) formats. Il y en a qui ont des observations, et la plupart des observations c’est qu’il y a des congrès qui ne sont pas tenus pendant dix (10) ans. Il y en a d’autres qui ont 15 années de retard pour la non tenue du congrès. Ça veut dire quand vous créez une association et que vous ne renouvelez pas vos instances ce n’est plus de la démocratie. Parce qu’il y a des instances qui doivent être renouvelées chaque deux (2) ans, trois (3) ans… Il faut que les gens puissent aller au congrès pour renouveler les instances, c’est ça aussi une association politique. Donc ces 24 partis sont sous ces observations parce qu’ils doivent aller globalement au congrès. Et dans le lot des 24, il y en a qui doivent finaliser leur bilan comptable et ils sont en train de travailler dessus. Par contre 75 sont libres d’exercer, ça veut dire qu’ils ont deux formats. Donc ce n’est pas une chasse aux sorcières, ça met en application les dispositions légales, ça met en application aussi les textes qui gouvernent les partis politiques notamment les statuts et règlements», a-t-elle mentionné.
Suspension des partis politiques
Plusieurs partis politiques se retrouvent dans le lot des suspendus pour non accès de leurs documents.
«Ils se sont retrouvés dans le lot des suspendus parce que nous avons analysé, qu’ils n’ont pas eu accès à leurs documents. ceux qui gouvernent actuellement le parti à l’absence des premiers leaders globalement ce qui nous a été donné, les lettres qui ont été notifiées, c’est de dire tel document ou telle personne se trouve dans une position qu’il ne peut pas envoyer le document. Ça prouve aussi que la méthode de gestion des associations politiques doit changer. Ce n’est pas le leader qui doit conserver tous les documents, il faut que les documents soient au secrétaire administratif, au secrétaire permanent, en tout cas à la personne désignée au sein du bureau politique pour conserver les documents. Donc c’est l’effort là qu’ils doivent fournir, ce n’est pas que, ils ont démérité, mais c’est juste que les documents complémentaires qu’ils devraient fournir au ministère n’ont pas été fournis dans les 90 jours, je pense que ça va permettre aussi aux leaders de ces partis de remettre ces documents à ceux qui sont en train de faire fonctionner le parti actuellement pour que dans les trois (3) mois qu’ils puissent sortir de cette situation», a fait savoir Djénab Touré.
Culture démocratique
Émerger la culture démocratique au sein des partis politiques afin d’instaurer la démocratie au sommet de l’État est l’objectif recherché.
«Un parti ne doit pas être l’apanage d’un individu, un parti politique ce n’est pas une entreprise et son patron qui l’a créé. Un parti c’est une association des hommes et des femmes qui ont les mêmes valeurs, qui ont un programme commun ensemble, qui ont une idéologie ensemble. Donc c’est ce qu’on doit faire émerger, et c’est cette culture démocratique qu’on doit faire. À l’absence de la culture démocratique, quelqu’un qui a passé 50 ans à gérer son parti sans pouvoir céder, ça veut dire que c’est une entreprise personnelle, quand il arrive au pouvoir, je vous dis, ne vous attendez pas à avoir de la démocratie au sommet de l’État. Donc l’exercice que nous sommes en train de faire, c’est contraindre chaque leader à laisser la place conformément aux statuts et règlements intérieurs à chaque membre du bureau d’exécuter le mandat qu’il a et les tâches qui lui sont confiées» précise-t-elle.
En a croire Madame Camara Djénab Touré, la Guinée se retrouve dans un espace politique assaini, parce que 28 partis politiques sont suspendus. Quatre (4) sont en observation et 99 vont exercer. En déduction, 130 partis existent désormais légalement en République de Guinée.
Soumah Naby 666-144-250




