À l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, ce 3 mai 2026, l’ambiance n’est pas à la fête pour les professionnels des médias en Guinée. Le Syndicat des Professionnels de la Presse de Guinée (SPPG) a profité de cette date symbolique pour dresser un réquisitoire sévère contre les dérives qui étouffent le quatrième pouvoir.
« Sans presse libre, il n’y a ni démocratie, ni droits humains, ni bonne gouvernance », a martelé l’organisation dans une déclaration officielle.
Un secteur pris en étau par une triple crise
Le constat du syndicat est sans appel : le journalisme guinéen traverse une zone de fortes turbulences, marquée par trois fléaux majeurs :
La précarité sociale : Le SPPG dénonce des conditions de vie indignes. Entre salaires de misère, souvent impayés, absence de contrats et manque de protection sociale, le journaliste est vulnérable. Cette fragilité économique fait le lit de la corruption et freine l’éclosion d’une presse d’investigation rigoureuse.
L’insécurité physique : Le métier devient dangereux. Arrestations arbitraires, agressions et même enlèvements — comme les cas récents de Habib Marouane Camara et Mamoudou Sanassy Keita — sont devenus le lot quotidien. L’impunité dont jouissent les agresseurs installe un climat de terreur poussant à l’autocensure.
Le musellement administratif et numérique : L’accès à Internet est régulièrement entravé, coupant les médias de leur outil de travail. Par ailleurs, le syndicat pointe du doigt la Commission de régulation de la communication et de l’audiovisuel (CRCA) pour ses décisions jugées liberticides et le blocage persistant de la convention collective.
Des recommandations urgentes pour sauver la profession
Pour sortir de cette impasse, le SPPG a formulé une série d’exigences concrètes. Sur le plan judiciaire, le syndicat réclame une accélération des enquêtes sur les disparitions de journalistes afin de mettre fin à l’impunité. Il appelle également l’exécutif à garantir la sécurité des professionnels, y compris pour ceux contraints à l’exil.
Le volet social n’est pas en reste : le ministère du Travail et le patronat sont pressés de faciliter la signature de la convention collective. Enfin, le SPPG plaide pour une réforme profonde de la CRCA afin d’y intégrer des représentants des employés, tout en demandant à l’autorité des télécoms de garantir un accès libre et continu à Internet.
L’appel à la résilience
Malgré ce tableau sombre, le syndicat a tenu à saluer le courage des reporters qui continuent d’informer le public au prix de lourds sacrifices. Le SPPG exhorte les professionnels à ne jamais sacrifier l’éthique et la déontologie sur l’autel de la peur.
En conclusion, le message est limpide : « Une presse bâillonnée est un peuple aveugle ». Le combat pour la liberté d’informer reste, en Guinée plus qu’ailleurs, une urgence démocratique absolue.
Soumah Naby Moussa 666-144-250 pour Actualitefeminine.com





