Dans la commune urbaine de Kouroussa, le marché central est animé comme à l’accoutumée. Mais derrière les étals colorés et l’odeur appétissante des plats locaux, un autre parfum flotte : celui de l’inquiétude. Les prix des denrées de première nécessité flambent, et ce sont les femmes, véritables piliers des foyers, qui en subissent le plus durement les conséquences.
Depuis plusieurs mois, le sac de riz de 50 kg, aliment de base, a vu son prix grimper de façon vertigineuse. L’huile, le sucre, les légumes… rien n’échappe à cette inflation qui vide les paniers avant même qu’ils ne soient remplis.
Fatoumata Camara, vendeuse de condiments, résume la situation avec amertume :
« Avant, avec 20.000 GNF, je pouvais acheter de quoi préparer un bon repas pour ma famille. Aujourd’hui, même 40.000 GNF ne suffisent plus. Nous vivons au jour le jour, et c’est chaque jour plus difficile » déplore-t-elle.
Dans les quartiers, les femmes se regroupent souvent pour discuter de leurs difficultés. Certaines improvisent des tontines pour s’entraider, d’autres réduisent les portions à table ou remplacent certains produits devenus inaccessibles.
« Nous sommes obligées de se priver. Les enfants réclament, mais on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. Le poisson est devenu un luxe, la viande, n’en parlons pas» confie Fanta Diallo, mère de cinq enfants.
Les commerçantes, elles, subissent également la hausse des prix chez les grossistes, ce qui les met face à un dilemme: vendre à perte ou augmenter leurs tarifs et perdre leur clientèle.
Pendant ce temps, au marché de Kouroussa, les transactions se font désormais avec des négociations plus longues et des sourires forcés. Ici, tout le monde espère une baisse des prix… mais personne n’ose y croire vraiment.
Facely Sanoh depuis Kankan pour actualitefeminine.com





