Le mariage précoce des enfants reste une pratique persistante dans plusieurs communautés de la Guinée, notamment dans la préfecture de Kankan. Cette tradition, ancrée dans certaines localités de la savane guinéenne, suscite une vive réaction de la part des défenseurs des droits des femmes et des filles.
Dans la commune urbaine de Kankan, marier précocement les jeunes filles est une fierté pour les parents. Pourtant, cette pratique met en danger la victime qui peut rencontrer plusieurs difficultés d’ordres économiques et sanitaires.
Interrogée sur le sujet, Fatim Diallo, représentante de l’ONG Agir pour la Santé Maternelle et Infantile (ASAMI), confirme que le mariage des mineures est une réalité préoccupante dans la région.
« C’est une pratique qui sévit malheureusement dans la savane, privant les jeunes filles de leur enfance et de leur éducation, mais nous devons continuer à combattre pour un meilleur avenir pour nos enfants, les autorités doivent mettre beaucoup plus d’efforts pour mettre fin à cette pratique dans notre communauté», déplore-t-elle.
De son côté, Mballou Camara, une autre activiste engagée dans la lutte contre les violences basées sur le genre, dénonce avec fermeté cette situation.
« Les conséquences sont désastreuses : abandons scolaires, risques accrus de complications lors des grossesses et perpétuation du cycle de la pauvreté. Il faut que ce fléau s’arrête maintenant dans notre communauté, c’est extrêmement grave le mariage d’enfants, il faut qu’on implique tous pour un combat collectif» précise-t-elle.
Face à ce fléau, les militantes lancent un appel urgent aux parents, aux autorités gouvernementales et aux organisations non gouvernementales pour une mobilisation renforcée. Elles préconisent des campagnes de sensibilisation, un meilleur accès à l’éducation pour les filles et l’application stricte des lois interdisant le mariage précoce.
Les activistes espèrent toutefois une prise de position officielle et des mesures concrètes pour éradiquer cette pratique. Pour l’heure, nous n’avons pas pu avoir la réaction de l’Inspection régionale de l’action sociale de Kankan, sur ce fléau.
Cet article est un accompagnement de Girls First Fund pour lutter contre le mariage d’enfants en République de Guinée.
Facely Sanoh depuis Kankan pour actualitefeminine.com





