À l’occasion du Mois de la femme, notre rédaction est allée à la rencontre de Cécile Kpogomou, une agricultrice résidant à Diountou, dans la préfecture de Lelouma. Depuis cinq ans, elle se bat au quotidien dans le maraîchage pour subvenir aux besoins de sa famille.
« Je travaille ici depuis cinq ans »
Sur son exploitation, Cécile cultive une grande variété de produits : salade, carotte, aubergine (noire et blanche), chou, tomate, poivron et piment. Pour fertiliser ses cultures, elle privilégie les intrants naturels.

« Je travaille ici depuis cinq ans. Nous cultivons plusieurs produits et nous utilisons de l’engrais organique pour enrichir le sol », explique-t-elle.
Une production écoulée entre Diountou et Conakry
Après la récolte, Cécile adopte une stratégie de commercialisation mixte. Une partie de sa production est acheminée vers Conakry par l’intermédiaire de son frère, tandis que le reste est écoulé sur le marché local. Selon elle, la capitale reste toutefois plus rentable :
« À Conakry, la vente est meilleure. Ici, les prix sont plus bas car l’offre est abondante sur le marché local. Les revenus sont plus intéressants là-bas », confie-t-elle.
Le manque d’eau : un frein majeur
Comme beaucoup d’agriculteurs de la région, Cécile est confrontée à des difficultés structurelles. Sa motopompe est en panne, ce qui complique considérablement l’arrosage des parcelles.

« Nous puisons l’eau dans des puits que nous avons creusés nous-mêmes, puis nous utilisons des arrosoirs. Mais aujourd’hui, même ces puits tarissent », déplore-t-elle.
Un appel aux femmes et aux autorités
Malgré ces contraintes, Cécile ne baisse pas les bras. Elle affirme que cette activité lui permet de soutenir activement les charges du foyer.
« Grâce à ce travail, j’épaule mon mari. S’il était seul, ce serait difficile. J’encourage les femmes à ne pas rester inactives, mais à entreprendre », lance-t-elle avec détermination.
Elle interpelle également les autorités sur la nécessité d’un accompagnement concret :
« Nous avons besoin de financements, d’équipements et de formations. Il y a aussi le problème de la clôture : les bœufs divaguent et détruisent souvent nos cultures », alerte-t-elle.
Une détermination à toute épreuve
Malgré la pénurie d’eau et le manque de moyens techniques, Cécile Kpogomou continue de se battre pour pérenniser son activité. Son parcours illustre à la fois la résilience des femmes rurales et les défis persistants du secteur agricole en Guinée, où la seule volonté ne suffit pas sans un appui institutionnel adéquat.
Par AMD pour www.actualitefeminine.com





