En cette période de ferveur religieuse où se croisent le Ramadan et le Carême, les marchés de Conakry ne désemplissent pas. Mais derrière l’animation des étals, une réalité économique pesante s’impose : le coût de la vie. Entre envolée des prix et multiplication des besoins alimentaires, les femmes guinéennes, véritables gestionnaires du foyer, expriment leur inquiétude face à la fragilité du panier ménager.
Un budget qui explose pour les familles
Au marché d’Enta, le constat est sans appel. Pour Mafoulé Youla, la spiritualité du moment se heurte brutalement aux contraintes financières.

« Pendant le Ramadan, les besoins s’accumulent : riz, sucre, huile, dattes, lait… Tout devient prioritaire. C’est la même épreuve pour nos sœurs chrétiennes durant le Carême. Résultat ? Le budget mensuel double quasiment », déplore-t-elle.
La loi de l’offre et de la demande
À Matoto, la situation n’est guère plus reluisante. Mariama Soumah, commerçante, se retrouve entre le marteau et l’enclume. Si les clientes pointent du doigt les vendeuses, ces dernières se disent également victimes de la chaîne de distribution.

Les produits de grande consommation comme le gombo et l’aubergine blanche ont vu leurs prix grimper en flèche ces derniers jours.
« Nous achetons plus cher chez les grossistes, donc nous n’avons pas d’autre choix que d’ajuster nos prix », explique Mariama.
Face à cette pression sociale, l’État guinéen a pourtant annoncé des mesures visant à réduire le prix des denrées de première nécessité sur les marchés. Une initiative saluée, mais dont les effets se font encore attendre pour de nombreux ménages qui doivent, en attendant, redoubler d’ingéniosité pour garnir la table de rupture.
Par Naby Moussa Soumah 666-144-250





