Dans la sous-préfecture de Diountou, nichée au cœur de la préfecture de Lélouma (région de Labé), la teinture artisanale est bien plus qu’une tradition : c’est le moteur économique des femmes locales. Si leur dynamisme est indéniable, ces artisanes évoluent pourtant dans un environnement marqué par l’enclavement, le manque d’infrastructures sanitaires et une absence de soutien technique structuré.
Des conditions de travail précaires
Hassatou Diallo, présidente des femmes de Diountou, dresse un constat sans concession sur les obstacles quotidiens de ses paires :

« Nous rencontrons d’immenses difficultés. Premièrement, nous manquons d’un espace dédié à notre métier. Faute de centre artisanal, nous sommes contraintes d’étaler nos tissus dans la cour de la sous-préfecture. L’aménagement d’un simple hangar serait déjà un soulagement immense pour nous. »
À ce manque d’espace s’ajoute le calvaire du transport. Malgré des travaux de réhabilitation durant l’hivernage, la route Labé-Diountou demeure impraticable, freinant l’écoulement des produits vers les grands marchés.
Un système de santé à bout de souffle
Au-delà de l’aspect économique, c’est la sécurité des mères qui inquiète. L’infrastructure sanitaire actuelle ne répond plus aux besoins de la population :
« Nos locaux sont trop exigus, particulièrement la salle d’accouchement. Si deux femmes devaient accoucher simultanément, nous serions face à une situation critique », alerte la présidente.
Un appui jugé encore insuffisant
Si les autorités et certaines ONG ont manifesté leur soutien par des dons de matériel et des sessions de formation, le compte n’y est pas. La distribution des équipements, notamment des machines à piler, reste disproportionnée par rapport aux besoins réels.
« Nous comptons neuf districts et de nombreux groupements. L’idéal serait que chaque district dispose d’au moins une machine pour alléger la pénibilité du travail », plaide Hassatou Diallo.
Un appel à la solidarité et au développement
Aujourd’hui, les femmes de Diountou lancent un appel pressant à l’État, aux ONG et aux partenaires techniques. Pour elles, investir dans la teinture et les services sociaux de base n’est pas seulement un acte de solidarité, mais un levier stratégique pour le développement local de la région.
Par AMD pour www.actualitefeminine.com





