L’Association Guinéenne de la Presse en Ligne (AGUIPEL), en collaboration avec le Système des Nations Unies, a lancé ce lundi 8 décembre 2025 à Conakry un atelier de formation de trois jours destiné à 50 journalistes. Le thème central de cet événement est : « L’IA au service des médias pour une couverture électorale efficiente et responsable ».
Du lundi 8 au mercredi 10 décembre, les bénéficiaires, venus de Conakry et de l’intérieur du pays, seront dotés des techniques d’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pour optimiser le traitement de l’information durant la période électorale. Ce renforcement de capacité vise avant tout à prévenir la propagation de fausses informations et à garantir une couverture médiatique éthique à l’approche de l’élection présidentielle du 28 décembre prochain.
Investir dans la démocratie et la qualité de l’information
Pour l’AGUIPEL, cette initiative est un pas vers la création d’une communauté spécialisée et la construction de l’avenir de la presse.
« Pendant trois jours, vous serez immergés dans des pratiques concrètes. Vous serez les pionniers d’une communauté nationale de journalistes spécialisés dans l’usage et l’utilisation de l’intelligence artificielle pour la presse – une première dans notre pays », a déclaré Amadou Tam Camara, soulignant l’importance de la démarche. « Cette formation n’est pas un simple atelier ; c’est un investissement dans la démocratie, dans la cohésion sociale, dans la qualité de l’information et dans la modernisation durable de notre secteur. C’est un engagement de l’AGUIPEL », a-t-il ajouté.
Le SNU et l’État mettent en garde
Prenant la parole, la représentante du Système des Nations Unies a justifié l’accompagnement de son organisation. « Les journalistes sont des garants d’une information juste, les relais de la transparence, les artisans de la cohésion sociale. En leur donnant des outils adaptés et les compétences actualisées, nous renforçons la démocratie. En les aidant à se protéger de la manipulation de l’information, nous protégeons toute la société. En les outillant pour travailler avec l’intelligence artificielle, nous préparons la Guinée au futur », a-t-elle indiqué.
Le ministre de l’Information et de la Communication, Fana Soumah, a également marqué sa présence à la cérémonie de lancement. Il a rappelé le rôle de l’IA comme un outil d’assistance et non de substitution.
« L’intelligence artificielle n’est pas là pour vous remplacer, pour prendre possession de votre jugement, mais pour renforcer vos capacités. Toutefois, son usage dans les médias doit s’accompagner d’une vigilance accrue, respect de la neutralité journalistique, protection des données professionnelles et préservation de la confiance du public. Nous devons veiller à ce que la technologie serve la démocratie et non l’inverse », a insisté le ministre Soumah.
De son côté, Boubacar Yacine Diallo, Président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), est revenu sur le code de conduite proposé aux candidats. Il a rappelé l’importance de la sécurité des professionnels des médias.
« Il a été largement fait mention de la sécurité des journalistes avant, pendant, le jour du scrutin et après. Nous veillerons sur cette mesure, parce que s’il n’y a pas de journalistes, il n’y a pas de démocratie. Mais s’il y a de mauvais journalistes, l’état de droit et la démocratie sont en péril », a-t-il souligné, avant d’inviter les formateurs à donner aux participants « les clés, une boîte d’outils pour que vous puissiez vous en servir sans que vous ne soyez assujettis ».
Au-delà de la formation technique, les participants auront pour mission d’élaborer une charte d’utilisation de l’IA dans les médias spécifiquement applicable en période électorale.
Hasso Bah




