Le mariage d’enfants en République de Guinée, devient un sujet préoccupant qui peine à avoir une solution drastique. Malgré les lois qui répudient cette pratique mais aussi la campagne de sensibilisation des acteurs de la société civile notamment les féministes, le mariage précoce s’élargit dans les communautés guinéennes. Un fait qui ne reste pas sans conséquences chez la jeune fille. Dans un entretien accordé à notre rédaction, Ibrahima Aminata Diallo, sociologue de formation, enseignant chercheur dans différentes universités de Conakry a fait une analyse sociologique du mariage d’enfants en République de Guinée.
Quelles sont les causes du mariage d’enfants ?
En République de Guinée, elles sont nombreuses ces familles qui préfèrent donner précocement leurs jeunes filles qui n’ont pas atteint l’âge requis en mariage. Pourtant, les campagnes de sensibilisation n’en finissent pas et des textes et lois réprimandent et sanctionnent les auteurs de cette pratique. Pour Ibrahima Aminata Diallo, sociologue de formation, enseignant chercheur dans différentes universités de Conakry, plusieurs facteurs poussent les parents à donner leurs filles précocement en mariage dont les plus importants sont entre autres :
« Un facteur socio-culturel : selon certains parents, se marier très tôt est une chance et rester longtemps, prendre de l’âge avant de se marier est une malchance. Les parents préfèrent donner l’enfant en mariage en considérant que c’est une opportunité afin qu’elle puisse faire ses enfants à temps et grandir avec eux pour éviter la perversion » entame le sociologue.
L’autre facteur est la modernisation selon l’enseignant chercheur « on voit beaucoup le mimétisme donc par crainte de tomber dans les travers sociaux, les parents dès qu’ils voient que la fille a une maturité physique, ils estiment qu’elle est apte pour le mariage » analyse-t-il.
Le troisième facteur selon Ibrahima Aminata Diallo, dès fois c’est un choix de la fille en question qui aime son prétendant.
Quelles sont les conséquences sociologiques du mariage d’enfants ?
Malgré ces craintes, les conséquences du mariage précoce sont énormes et peuvent bouleverser la vie de la jeune fille selon le sociologue.
« Elle peut avoir des risques de complications lors de la grossesse et accouchement car physiquement elle n’est pas prête. A cela s’ajoute d’autres problèmes sanitaires notamment le cancer du col de l’utérus parce que la fille n’étant pas prête, son appareil génital n’étant pas prêt, cela peut causer des anomalies » indique-t-il.
L’autre conséquence, c’est l’immaturité dans le couple qui mène au divorce « au cas où il y a divorce, la fille a du mal à se réintégrer dans la vie sociétale notamment avoir un autre mari surtout si elle a un enfant. Et cela pourrait engendrer des conséquences sanitaires, psychologiques et même des conséquences économiques pour se livrer à la prostitution pour pouvoir survivre » prévient-il.
Enfin la perturbation du cursus scolaire de la fille, pourrait être une autre conséquence chez la survivante interpelle le sociologue.
Voici les solutions pour mettre fin au mariage d’enfants en République de Guinée
Selon l’enseignant chercheur, la sensibilisation seule ne peut pas suffire, il faudrait « qu’il y ait des communications à la base avec les parents pour qu’ils comprennent que le mariage précoce a des conséquences sur la vie de l’enfant. Il faut une conscientisation à travers la sensibilisation des parents, au niveau des lois, pénaliser le mariage précoce qui pourrait sanctionner les candidats mais aussi les parents » suggère-t-il.
Enfin Ibrahima Aminata Diallo invite chaque acteur social notamment les activistes de la société civile plus les partenaires techniques et financiers de prendre la question du mariage d’enfants à bras le corps pour un changement de mentalité afin que les parents abandonnent cette pratique. Car estime-t-il, plus il y a des femmes matures, moins il y a de divorce.
Cet article est un accompagnement de Girls First Fund dans la lutte contre le mariage d’enfants en République de Guinée.
Hasso Bah





