À Kankan, ville natale du Général Mamadi Doumbouya, le dépôt de sa candidature pour la prochaine élection présidentielle suscite de nombreuses réactions, notamment au sein des femmes. Entre enthousiasme, attentes et réserves, les voix féminines se font entendre dans les quartiers, marchés et lieux de rassemblement.
Dans le grand marché Dibida, Fanta Traoré, commerçante, voit dans cette candidature une continuité de « la lutte contre l’injustice». Pour elle, le Général mérite un mandat électif :
« Il a montré un visage ferme contre la corruption. Nous espérons qu’il continuera. Et puis, c’est un fils d’ici, nous sommes fières », lance-t-elle, sourire aux lèvres.
Du côté des jeunes étudiantes de l’Université Julius Nyerere, le discours est plus nuancé. Hawa Diallo, étudiante en sociologie, estime que cette candidature « doit être accompagnée d’un engagement clair sur l’éducation des filles ». Elle poursuit :
« Nous voulons des bourses, des infrastructures académiques et l’accès à internet. Si sa candidature rime avec ces priorités, alors oui, nous soutenons. »
Dans certains foyers, l’enthousiasme laisse place à l’inquiétude. Mariama Kéita, mère de famille, redoute une polarisation politique :
« Pendant les périodes d’élection, ce sont souvent les femmes qui souffrent le plus : insécurité, hausse des prix au marché. Nous espérons une élection apaisée. »
Plus loin, au quartier Bordo, des membres d’une association féminine rappellent la nécessité de renforcer les droits des femmes. Nabinty Camara, présidente d’un groupement, insiste :
« S’il devient président élu, nous voulons des actions concrètes : accès aux crédits agricoles, autonomisation économique, et la protection contre les violences basées sur le genre. »
Toutefois, certaines voix restent sceptiques. Aïssata Kouyaté, couturière, craint que l’espoir populaire ne se transforme en déception :
« Chaque candidat promet. Nous voulons des résultats visibles, pas seulement des discours. »
Entre attentes et prudence, les femmes de Kankan expriment donc des avis divers, révélant l’importance de leur rôle dans le paysage sociopolitique guinéen. En attendant la suite du processus électoral, elles appellent surtout au calme, à la transparence et à un respect mutuel des opinions pour préserver la cohésion sociale de la Haute-Guinée.
Facely Sanoh depuis Kankan pour actualitefeminine.com





