À Sirdou, un district de la sous-préfecture de Soromaya (préfecture de Kérouané), l’eau potable reste un luxe inaccessible. Chaque jour, les femmes du village consacrent plusieurs heures à la quête d’une eau dont la qualité laisse pourtant à désirer. À la principale source de la localité, les bassines se remplissent lentement d’un liquide trouble. Femmes et jeunes filles s’y retrouvent dès les premières lueurs de l’aube pour accomplir une corvée devenue une routine éprouvante.
« Nous n’avons pas d’autre choix que de consommer cette eau. Nous savons qu’elle n’est pas propre, mais où pouvons-nous aller ? » s’interroge Dame Koumba Kourouma. « Chaque jour, nous vivons avec la peur de voir nos enfants tomber malades. »
Un frein majeur pour l’économie locale
Sous le soleil ou sous la pluie, ce calvaire ne s’arrête jamais. Pour les habitantes, cette situation représente un lourd fardeau qui impacte directement leurs activités agricoles et commerciales.
« Une bonne partie de notre journée est consacrée à la recherche de l’eau. Pendant ce temps, nos champs nous attendent, nos activités sont retardées et les revenus de nos familles diminuent », explique Mariama Sanoh, rencontrée au bord de la source.

La situation devient encore plus préoccupante pendant l’hivernage. Les fortes pluies transforment le point d’eau en un véritable bourbier, rendant le liquide encore plus impropre à la consommation.
« Durant la saison des pluies, l’eau devient rougeâtre à cause de la boue. Malgré cela, nous sommes obligées de la boire et de l’utiliser pour la cuisine. C’est une souffrance que nous endurons chaque année », témoigne Assata Camara, une habitante du village.
Des conséquences sur l’éducation des enfants
Au-delà des risques sanitaires, les répercussions touchent également l’éducation. Les maladies hydriques et le temps requis par la corvée d’eau compromettent gravement la scolarité de nombreux élèves de la localité.

Face à cette dure réalité, les femmes de Sirdou lancent un appel pressant aux autorités et aux partenaires au développement. Leur revendication est simple : la réalisation d’un forage moderne capable d’approvisionner durablement la communauté en eau potable.
« Nous ne demandons pas l’impossible. Nous voulons juste de l’eau propre pour nos enfants et pour notre santé. Un forage changerait complètement notre vie », plaide Fatoumata Kourouma.
À Sirdou, l’accès à l’eau potable demeure un défi quotidien. Derrière chaque bidon rempli se cache le combat silencieux de femmes qui, malgré les difficultés, continuent de porter à bout de bras la survie de leurs familles.
Par Tichou Sagno





