La mort tragique de Karamo Keita retrouvé le vendredi 5 septembre à la morgue de l’hôpital national Ignace Deen par sa famille continue de susciter une vive émotion à Simbaya école, un quartier situé dans la commune de Matoto. Dans la journée de ce vendredi 12 septembre, après son enterrement, ses amis déterminés à se rendre justice, ont tenté de saccager la concession de la famille du jeune accusé du meurtre, qui se trouve déjà dans les mains de la justice. Très vite, des tensions ont éclaté entre les jeunes et les forces de l’ordre dépêchées sur les lieux pour disperser le mouvement.
Selon la famille du défunt, le chef de quartier aurait tenté de convaincre les proches de Karamo Keita d’accorder leur pardon au suspect déjà placé entre les mains de la justice. Une démarche jugée inacceptable qui a suscité la colère des jeunes.

«Je ne m’attendais pas à cela. Après la sortie de la mosquée, certains sont allés à l’enterrement. À leur retour, le chef de quartier était déjà présent. J’ignore ce qu’il leur a dit, mais ses propos ont profondément blessé les jeunes, qui ont réagi. Un affrontement a opposé les jeunes aux forces de l’ordre, lesquelles ont utilisé du gaz lacrymogène, y compris dans la cour de la victime. Plusieurs personnes ont été victimes de crises, d’autres ont été transportées à l’hôpital. Des jeunes ont été interpellés puis relâchés», a expliqué Souadou Bah tante du défunt.
Poursuivant, elle brosse un tableau sombre du comportement des forces de l’ordre «Le comportement des forces l’ordre n’a pas été professionnel. Nous sommes en deuil, nous avons perdu un enfant. Nous les avions contactés pour qu’ils interviennent en vue d’une sensibilisation, pas pour déclencher un conflit. Sensibiliser ne peut pas signifier arroser les gens de gaz lacrymogène. Que cherchaient-ils ? Cela en valait-il la peine ?» a-t-elle déploré.
Plus loin, madame Souadou démasque le comportement du chef de quartier de Simbaya école: «Le chef de quartier a lui-même une famille, si l’on touchait à l’un de ses enfants, réagirait-il de la même manière ? Les gendarmes qui l’accompagnaient auraient pu s’approcher et dialoguer, ils ne l’ont pas fait. Et soudain, du gaz partout, où peut-on se réfugier ? On perd un enfant et l’on ne peut même pas le pleurer. Ce chef de quartier, qui nous avait déjà dit qu’il nous soutiendrait, n’est pas intervenu comme attendu. Nous lui demandons aujourd’hui d’intervenir pour sensibiliser, et non pour faire la guerre, il doit nous aider à apaiser les jeunes, qui sont naturellement bouleversés. La victime a été tuée par un individu décrit comme un bandit, un voyou, dépourvu d’ambition. Et il vient dire qu’il va demander pardon à la famille de Karamo, et que nous allons pardonner afin de libérer le criminel. Depuis quand? N’y a-t-il pas de loi? Qui est-il pour dire cela? On ne s’y attendait de sa part. Ces propos ont révolté les jeunes, qui ont alors commencé à manifester», a-t-elle mentionné.

À noter que, cette altercation a donné lieu à des affrontements sporadiques, marqués par des jets de pierres et une riposte par des tirs de gaz lacrymogènes.
Soumah Naby Moussa 666-144-250




