La question du financement des petites et très petites entreprises a occupé une place centrale ce jeudi 4 juin, lors de la deuxième journée de la cinquième édition du Salon des entrepreneurs et de l’emploi de Guinée (SADEN). Une plénière intitulée « Financer les marchés : garanties, trésorerie et paiements, le nerf de la guerre pour les (T)PME » a réuni plusieurs acteurs du secteur économique autour des défis majeurs auxquels font face les entrepreneurs guinéens.
Au cours des échanges, les intervenants ont mis en lumière les difficultés persistantes rencontrées par les TPME pour accéder aux crédits bancaires, malgré leur rôle essentiel dans le développement économique et la création d’emplois.
Pour Fatou Diarra, Directrice générale de PayCard, l’accès aux capitaux passe avant tout par une meilleure organisation interne :
« Les PME doivent être bien structurées, organisées et capables de conserver une trésorerie saine. Tant qu’une entreprise ne démontre pas sa capacité à gérer efficacement ses ressources financières, il sera difficile pour une banque de lui accorder un crédit », a-t-elle expliqué.
Elle a également insisté sur l’importance du réinvestissement des bénéfices dans l’activité. Selon elle, une entreprise qui grandit grâce à ses propres ressources inspire davantage confiance aux institutions financières et attire plus facilement les investisseurs.
De son côté, Aïssatou Barry Bah, Directrice générale de l’Agence autonome d’assistance aux entreprises de Guinée (3AE), a souligné que le principal obstacle reste le manque de structuration. S’appuyant sur une étude de la Société financière internationale (SFI), elle a rappelé un chiffre saillant : près de 98 % des entreprises guinéennes ne disposent pas de compte bancaire. Une situation qui complique considérablement l’évaluation de leur viabilité par les banques.
« Il est essentiel d’avoir un compte bancaire afin de justifier les flux financiers, les entrées et les sorties d’argent. Les entreprises doivent également privilégier les moyens de paiement digitaux, disposer de bilans certifiés et d’états financiers fiables pour convaincre les institutions », a-t-elle déclaré.
Selon elle, les banques accordent une attention particulière à l’historique bancaire, à la qualité de la gestion ainsi qu’à la transparence des opérations. Au-delà des aspects purement comptables, la responsable de la 3AE estime que les chefs d’entreprise doivent être administrativement en règle, notamment en brandissant un RCCM et un NIF à jour.
« Le promoteur doit aussi maîtriser son projet, comprendre son business plan et être capable de présenter des perspectives de développement à moyen et long terme », a-t-elle ajouté.
Les discussions ont également porté sur les mécanismes de financement existants en Guinée. Si plusieurs dispositifs d’accompagnement sont aujourd’hui disponibles, les panélistes ont reconnu qu’un important travail reste à accomplir, notamment pour soutenir les structures en phase de démarrage.
« Aujourd’hui, il existe peu de solutions adaptées aux entreprises qui viennent tout juste de se lancer. La plupart des financements exigent au moins deux ou trois années d’activité ainsi que des états financiers. Il faut renforcer l’accompagnement dès les phases d’idéation et d’amorçage », a plaidé Aïssatou Barry Bah.
En somme, cette plénière a mis en évidence la nécessité absolue de formaliser et d’accompagner les TPME. L’objectif ? Leur faciliter l’accès aux financements et leur permettre de saisir davantage d’opportunités de marchés, dans un contexte où leur contribution à l’économie nationale est appelée à devenir stratégique.
Soumah Naby Moussa 666-144-250





