L’Organisation de Secours Handicapé OSH-Guinée a organisé ce jeudi 28 aout à Conakry, un atelier national de validation technique du rapport d’évaluation de la loi sur la santé de la reproduction de 2000. En collaboration avec la direction nationale de la santé familiale et de la nutrition avec un soutien financier d’Amplify Change, cette initiative rentre dans le cadre du projet : services inclusifs de santé sexuelle et reproductive pour les personnes handicapées en Guinée.
Les personnes en situation de handicap restent souvent marginalisées dans les structures sanitaires à cause de leur vulnérabilité. Pour pallier à ce problème, l’Organisation de Secours aux Handicapés OSH-Guinée a plaidé pour la révision de la loi de la santé de la reproduction de 2000. Grâce à l’implication des cadres du ministère de la santé, des organisations de la société civile ainsi que quelques partenaires techniques et financiers, un premier draft est élaboré et il fallait le présenter à toutes les parties prenantes pour amendement.
« C’est une loi qui parle de la santé reproductive en République de Guinée qui existe depuis 2000 mais au regard de l’évolution on a trouvé que la loi était caduque et ne s’adaptait pas à notre contexte. Nous en tant qu’organisation de protection des droits des personnes handicapées, nous essayons de nous rassurer que dans le processus de révision de cette loi que les questions en lien aux personnes handicapées sont prises en compte » explique Bangaly Camara directeur exécutif de OSH-Guinée.

Selon Dr Fredy Essimbi Onana consultant, l’élaboration de ce document est un processus inclusif des cadres du ministère de la santé, des organisations de la société civile ainsi que quelques partenaires techniques et financiers. Il précise que ce processus se déroule en quatre étapes « la première consiste à évaluer la loi santé de la reproduction de 2000, ensuite faire une esquisse sur la base des recommandations issues de l’évaluation, faire une ébauche de proposition de loi de révision. La deuxième étape c’est la validation technique de l’évaluation et de l’ébauche et ce sont ces deux premières étapes qu’OSH-Guinée a donc appuyé. La troisième étape, c’est de recruter un pool de juristes et leurs donner ce draft afin qu’ils essaient de porter leur amendement, apporter les éléments de recours. La loi a bien-sûr des dispositions mais il manque des voies de recours au cas où elles sont enfreintes puis élaborer un texte d’application. Enfin la quatrième étape c’est d’apporter le projet au Conseil National de la Transition qui fait office de l’instance parlementaire au niveau du pays afin qu’il y ait des débats, des revus, la ratification et qu’il soit porté au niveau du conseil constitutionnel pour étudier la conformité c’est ainsi que le Président pourra promulguer la loi » indique-t-il.
Prenant part à cette révision de la loi, Fatoumata Conté membre de l’ONG Union pour le Bien-être des personnes atteintes d’albinisme en Guinée souhaite que cette couche vulnérable soit mieux traitée dans les établissements sanitaires « que le personnel soignant au niveau des centres de santé soit formé à bien accueillir les personnes vulnérables notamment celles atteintes d’albinisme. Le plus souvent un albinos qui a une peau dégradée se rend dans des hôpitaux, il y a une discrimination et ils ne prennent pas soin de lui, ils ont un dégoût donc il faut changer ce comportement » souhaite-t-elle.
Il faut préciser que la loi sur la santé de la reproduction de 2000 n’a que 14 articles. Les articles 1, 7, 10, 11, 12, 13 14 et les titres notamment 1 et 4 feront l’objet de modification. Aussi, cette révision de loi propose 20 articles conformément aux nouvelle reformes, les directives internationales notamment les recommandations du protocole de Maputo, les ODD et toutes les différentes reformes au niveau du ministère de la santé, de la promotion féminine et des personnes vulnérables et tout récemment la nouvelle constitution dont le referendum se tiendra 21 septembre prochain.
Hasso Bah





