À l’occasion de la première journée de la 5e édition du Salon des entrepreneurs et de l’emploi de Guinée (SADEN), Mme Izar Hyacinthe, experte en business développement et panéliste, a mis en lumière les principaux leviers permettant aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPE/PME) guinéennes de renforcer leur compétitivité et d’accéder aux grands marchés.
Intervenant lors d’un panel consacré au thème « Compétitivité des (T)PME : combler l’écart de performance et accéder aux grands marchés », elle a souligné la nécessité pour les entreprises locales de s’inspirer des meilleures pratiques des grands acteurs internationaux.
« Nous avons pu faire un comparatif entre les entreprises africaines, guinéennes et les grands acteurs internationaux. Pour combler l’écart de performance, il faut d’abord parler de structuration et de formalisation », a-t-elle expliqué.
Selon elle, la forte prédominance du secteur informel constitue un frein majeur au développement des entreprises.
« Aujourd’hui, près de 80 % du marché est informel. Pourtant, il est essentiel d’être formalisé et structuré pour pouvoir accéder aux grands marchés », a-t-elle insisté.
L’experte a également mis l’accent sur l’importance du management et de l’organisation interne des entreprises. Elle estime qu’une entreprise performante doit être capable de fonctionner indépendamment de son fondateur ou de son dirigeant.
« Le produit, le service et l’entreprise doivent dépasser leur fondateur. Il faut pouvoir continuer à délivrer et à opérer même en cas d’absence du dirigeant. Cela passe par une structure performante et un modèle de management efficace », a-t-elle déclaré.
Le numérique et le financement comme leviers de croissance
Autre levier jugé indispensable : la communication et la visibilité numérique. Dans un contexte où les réseaux sociaux occupent une place centrale dans les échanges économiques, Mme Hyacinthe a encouragé les entrepreneurs à renforcer leur présence digitale.
« La visibilité est aujourd’hui la clé. Si une entreprise n’existe pas sur le digital, cela peut susciter des interrogations. Les partenaires et investisseurs potentiels effectuent des enquêtes de réputation avant toute collaboration. Il est donc important d’être visible sur LinkedIn et les autres réseaux sociaux », a-t-elle conseillé.
La question de l’accès au financement a également été abordée au cours des échanges. Tout en reconnaissant les difficultés rencontrées par les entreprises guinéennes dans ce domaine, la panéliste a rappelé que des mécanismes existent pour faciliter leur accès aux ressources financières.
« Les taux d’intérêt restent peu compétitifs comparés à ceux pratiqués en Europe ou dans d’autres régions du monde. Cependant, la ministre du Commerce, de l’Industrie et des PME, Fatima Camara, a rappelé l’existence de solutions, notamment des fonds de garantie destinés à soutenir les entreprises », a-t-elle indiqué.
En somme, pour Mme Izar Hyacinthe, la formalisation, la structuration, la communication et le financement constituent les quatre piliers fondamentaux sur lesquels les entreprises guinéennes doivent impérativement s’appuyer afin de gagner en compétitivité, de saisir les opportunités économiques et d’accéder enfin aux marchés de grande envergure.
Naby Moussa Soumah 666-144-250 pour Actualitefeminine





